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A l'organisation (titre temporaire) - part 2

Chapitre 11

Maintenant, commence le réel challenge, commencer la mission, en ayant les enfants sur le dos. En vrai, c'est plutôt simple, trouver des informations qui pourraient nous mener tout droit à des artefacts des grands anciens.

 

Nous avons la bague à l'organisation, mais au vu de ce que nous a dit Diane et Damien, il est presque évident, qu'il y a plus. D'ailleurs, ils nous avaient déjà mis sur une carte les endroits où ils avaient eu des indices, des comportements bizarres, et c'était pas mal dans le centre-ville et dans une grande demeure en périphérique du village.

 

Pour ce premier jour, nous passons notre journée à flâner dans le centre qui n'a rien de moderne. Nous visitons, faisons des photos, achetons quelques souvenirs, avant d'aller prendre un sandwich pour le midi en boulangerie.

 

- Y a des avantages à venir dans des endroits comme ça, on y trouve toujours des trucs sympas.

- Tu m'étonnes.

 

Je souris bêtement en voyant Lucia manger, mais les enfants commencent à râler. C'est là où Lucia nous regarde tous et nous dit.

 

- Je pense qu'on va devoir se contenter du village aujourd'hui.

 

Je la regarde, sans réagir, mais au fond, je m'étonne.

 

- Y a déjà pas mal d'insectes, et j'ai peur que si on s'éloigne du centre, nous en ayons plus et de trop nous faire piquer.

- Mais qu'est-ce que tu racontes.

- Ce n'est pas parce que tu ne les vois pas Théo, qu'ils ne sont pas là, je les sens.

 

Je sais pertinemment qu'elle vient de parler en coder. Nous sommes surveillés, enfin moi aussi, je l'ai remarqué. Je m'inquiète, j'aimerais pouvoir utiliser la magie en cet instant, mais ça serait dire aux moustiques que sommes là pour eux.

 

- Tu veux rentrer à l'hôtel ?

- Non ! J'ai vu sur Insta une meuf qui fait des trucs main incroyable, j'ai besoin d'y aller, voir ça de mes propres yeux, et qui sait peut-être acheter.

 

Je connais assez Lucia, pour savoir que ce n'est peut-être même pas dans notre mission, mais je sais comment savoir si ça l'est ou non.

 

- Tu m'en avais parlé ?

- Oui, souviens-toi, c'était sur la liste des choses que je voulais faire.

 

Ainsi, donc, on reste focus sur la mission.

 

- Bon s'y faut y aller, faut y aller.

Dis-je d'un air désabusé, mais il en est rien. Par contre, les enfants eux ne comprennent pas, et Miah s'en mêle.

- J'ai pas envie d'y aller moi.

- Tu n'es pas obligé de venir, vous avez qu'à rester tous les trois ensembles, et j'y vais toute seule.

 

Hors de question qu'elle y aille sans moi, c'est trop dangereux. Enfin, je vois son regard, car elle a compris ce que je pensais. Pour elle, son regard est un mélange de « fait moi confiance » et « Je peux me protéger toute seule », je baisse les yeux un instant, avant de les relever.

 

- Ok, au pire, on pourra t'attendre au alentour.

- Si vous voulez.

- On peut aller à la plage ?

- Miah …

- Allez-y Matt, je vais m'en sortir. Puis, c'est quoi des babioles. Tu as ton téléphone ?

- Oui.

- Voilà, quand j'ai fini, je vous rejoins.

 

Je n'aime pas ça, mais je ne peux pas vraiment le dire, si nous sommes surveillés, ça serait une erreur que de dires à voix haute, que c'est liée à la mission. Je n'avais pas prévu que les enfants ne seraient pas aptes à comprendre ça, mais là, je ne peux que m'en prendre à moi-même. Enfin, Lucia doit penser la même chose.

 

Nous finissons par nous séparer, nous arrivons rapidement à la plage, nous avions dans la voiture de quoi nous poser, pour profiter du soleil, par contre, je n'irais pas mettre mes pieds dans l'eau, il fait un peu trop froid pour ça et d'ailleurs les enfants non plus.

 

Je pourrais prendre le temps de leur expliquer, mais je sens des regards braqués sur nous, donc je fais mine de rien. Les enfants eux discutent, jusqu'au moment où Miah dit un truc qui pourrait nous faire du tort.

 

- Puis, je me dis que si j'arrive cette mission je p...

- Tu parles du jeu ?

- Mais non je par...

- Des cours, mais oui la mission que t'a donné ta prof de français, c'est ça ?

Elle vient de comprendre, et se rattrape.

- Oui, c'est ça !

- Oui, si tu passes la mission, tu pourras accéder au cours prestigieux de sa classe supérieure.

- Ouais, ça serait tellement cool.

 

Je rigole, avant de me réinstaller.

 

- Moi aussi, je te le souhaite.

 

Je remarque que Théo est plus rusé qu'il en a l'air, il a compris que c'était juste moi qui rattrape la bourde. Tout se passa bien ensuite, mais je commence à m'inquiéter, quand je ne vois toujours pas Lucia, ni message, alors que la nuit commence à tomber.

 

Nous décidons de rentrer à l'hôtel, surtout qu'elle ne décroche pas, et si je commence à fouiller le village, j'ai peur de nous faire démasquer.

Chapitre 12

Je me retrouve seule, pestant contre moi même intérieurement, car les enfants n'ont rien compris. D'un côté je suis contente de ne pas les impliqués, mais de l'autre je sais que Mat va être dans tous ses états.

Ainsi je me rends à l'adresse, cherchant un peu, pour faire semblant que je ne sais pas exactement où ça peut être. Aussi, je sens que je ne suis pas seule, les moustiques se sont coupé en deux groupes, l'un pour les enfants et Mathieu, et l'autre pour moi. Bien sûr je ne fais pas attention à eux, car ils ne doivent pas savoir que je sais.

Donc dans une ruelle, je m'étonne à apprécier l'architecture, m'émerveillant réellement ce que je vois. Enfin, j'aperçois ce que je veux aller voir. Une petite boutique dans la ruelle. Il faut vraiment connaître pour le savoir. Je m'approche, constatant que c'est ouvert. Comme attendu, je suis la seule cliente dans le magasin, et commence à faire le tour. Dans le rapport de mes collègues, ils ont parlés d'une boutique où la gérante, également vendeuse, avait reproduit des objets insolites, qu'elle a vu dans ses rêves, qui étrangement ressemble à ce que nous connaissons. Elle n'avait rien dit de plus, mais en fouillant sur internet, j'étais tombé sur son Instagram, donc en soit mon histoire était crédible.

Il n'y a pas de clochettes, pas de bruit dans la boutique, comme si la personne s'en fichait que quelqu'un rentre dans son commerce. Et personne n'ont plus pour m'accueillir, à croire qu'elle se fiche qu'on la vole ou pas.

De mon côté, je papillonne, regardant les objets, parfois totalement ordinaire, animaux, objets du quotidien et autre normalité. Puis dans un coin, je vois quelque chose qui attire l'œil. Pour des gens qui connaissent rien, ils y verraient des choses grotesque, peut-être même se dire que ce sont des monstres tout droit sortit de l'imagination d'un dessinateur aimant trop les films d'horreur.

Il y a même des statuettes, et j'ai d'un coup un frisson dans le dos, en reconnaissant à qui appartient cette représentation. Si encore c'était la seule, mais non il y en a tellement. Néanmoins, je ne ressens aucune trace des grands anciens, magiquement parlant. Ce ne sont que des objets.

C'est à cet instant que j'entends des pas résonné, à l'arrière boutique. Je me retourne peu de temps avant d'y voir la propriétaire arriver de derrière le comptoir. Quand elle me voit, elle à hoquet de surprise.

 

- Mince je vous avait pas entendu. J'espère que vous n'êtes pas là depuis longtemps.

- Non, ne vous inquiétez pas, je viens tout juste d'arriver.

- Ouf, ça me rassure. Que puis-je pour vous ?

- Je vous ait connu sur Insta, et vu que j'étais dans le coin, je me suis dit que ça serait vraiment cool de venir voir ça de mes propres yeux.

- Merci, mais je vois que vous avez trouver mon coin à monstres.

- Oui et quelle imagination débordante. Tout droit sortie d'un livre Lovecraft.

- N'est-ce pas ?

- Comment vous avez eu l'inspiration.

- Mes cauchemars.

- Vous avez vu ou lu trop d'horreur.

 

Je conclus avec un petit rire, comme si c'était une blague que je venais de faire. Néanmoins, je sais que c'est parfaitement crédible ce qu'elle dit.

 

- Même pas, je déteste cela, je ne connaissais même pas Lovecraft, avant que je poste mes créations sur internet.

- Wouah, impressionnant. Vous avez toujours eu des rêves de la sorte ?

- Non, ça a commencé il y a environ 3 ans, après avoir eu un accident d'avion dans l'océan pacifique. Heureusement que j'étais toute seule à bord, j'aurais pu vraiment tuer quelqu'un.

- Mince, enfin vous vous êtes sortie saine et sauve, c'est le principale.

 

Étant seules j'aimerais lui poser la question de l'emplacement, mais vu ce qu'elle produit, j'ai peur que sa boutique soit sous surveillance. Je suis presque sûr, qu'elle devait pas être loin de R'lyeh quand cela s'est produit. Pourtant, ça m'étonne qu'elle soit aller aussi loin, c'est dangereux, et il n'y a rien à cet endroit qui soit émergé.

 

- Et vous arrivez à les vendre ?

- Surtout par des fans de Lovecraft. Et parfois, j'ai aussi Monsieur Leprince, qui vient m'en acheter.

- Il est aussi fan de Lovecraft ?

- J'en sais rien, il me dit juste qu'il aime mon travail, et qu'il veut faire collection de mes œuvres. Je pensais que c'était même une manière de me draguer, mais ça n'a jamais abouti.

- Il y a des gens, c'est difficile de les comprendre, enfin après s'il habite loin, il ose peut-être pas, par peur de la distance.

- Même pas, il habite dans le manoir à quelques kilomètres du village.

- Ah effectivement, j'ai toujours eu du mal à comprendre les riches.

- Je ne suis pas la seule alors.

 

Nous rions ensembles, comme si nous étions complice. Cette femme pourrait être l'une des nôtres, venir bosser pour nous, mais en même temps, elle a sa vie ici, et ne semble pas trop mal en point. Je veux dire, ça laisse des traces ce genre d'interaction, même en rêve, mais elle n'a pas l'air si mal. Puis, je préfère vérifier une fois que l'enquête sera terminé, et la mission mené à son terme.

 

- Ah et vu que vous m'avez connu sur Insta, vous aviez vu une pièce en particulier ?

- Oui, j'ai vu que vous vendiez des méduses ?

- En effet, j'en ai fait plusieurs.

 

Elle m'emmène vers la zone mer.

 

- J'en ai vu une qui était illuminée.

- Oui, c'est une lampe, puis si vous mettez une ampoule qui change de couleur, vous aurez une méduse de la couleur que vous souhaitez.

 

Je la regarde et l'adore immédiatement.

 

- Je vous la prends.

 

Le reste est assez banal, je règle mon achat, elle me l'emballe précieusement, avant de me souhaiter une bonne journée.

En sortant de la boutique, je prends mon téléphone, pour appeler Mathieu, mais je suis surprise de voir la batterie à plat. À peine, je le déverrouille, il s'éteint, me laissant apercevoir une fraction de seconde le 1 % de batterie. Je l'ai rechargé pourtant, quelque chose cloche. Je retourne à la boutique.

 

- Excusez moi.

- Oui ?

- Je n'ai plus de batterie, vous avez un téléphone ?

- Bien sûr.

 

Elle regarde son téléphone et je vois à son visage que quelque chose ne va pas.

 

- Moi aussi.

- Vous avez un fixe ?

- Il est cassé depuis 2 jours.

- Pas de chance. Je peux vous laisser mon achat, je dois retrouver mon copain et il est assez loin, j'ai peur d'être gêné par le carton, surtout s'il n'est plus là où il devait être.

- Aucun souci, je vous le mets de côté. Vous pensez revenir quand ?

- Avec de la chance, ce soir, sinon demain.

- Parfait. Je vous dis à bientôt.

- À bientôt.

 

Ainsi, donc, je tente de me diriger vers la plage, sans GPS, et bien sûr sans personne dans les rues pour m'aider, hormis une personne qui me surveille. Après, ça serait très étrange que j'aille le voir, pour lui demander mon chemin. D'ailleurs, c'est étrange qu'il soit tout seul, pourquoi ils ont tous déserté leur poste. Je commence déjà à avoir deux théories, soient ils avaient quelque chose de plus important à faire, bien souvent les fanatiques de ces dieux, les vénères, font des messes... Soit ils ont entendu quelque chose et sont allés fouiller, soit attendent en embuscade. Bref, je reste sur mes gardes, et le faite que je ne connaisse pas le chemin, aide à la mascarade.

 

À mesure que le temps avance, je commence à me sentir mal, car ce n'est pas normal, de voir personne, de marché sans savoir où je vais, je suis même incapable de retourner là où j'ai laissé Mat et les enfants. Trouvez la plage, ce n'est pas la bonne solution, je dois retourner à l'hôtel. Car même si le monde qui m'entoure semble étrange, les bâtiments eux n'ont pas changé.

 

La nuit finie par tomber, et j'erre, jusqu'à retrouver l'hôtel. Je vois notre voiture et ça me rassure, je rentre vite à l'intérieur, mais remarque qu'il n'y a personne à l'accueil, et quand je rentre dans la chambre non plus. J'angoisse, je ne ressens rien, plus aucune présence, rien. Je commence à ouvrir la porte de la salle de bain, paniqué, jusqu'à que je sente deux mains qui m'attrapent les épaules, je lance un cri, avant de revenir à la réalité. Mathieu me fait face, les enfants juste derrière qui se demande ce qui se passe avec moi. Mon regard replonge dans celui de Mat. Je veux parler, mais je dis que la chambre n'est peut-être pas sûre, mais je dois être assez expressive, car il me dit.

 

- J'ai vérifié, on n'est pas sur écoute.

- Mat.

 

Je le sers dans mes bras, avant de prendre mon téléphone, voyant que la batterie est à 62 %, mais avec plein d'appels en absences.

 

- Qu'est-ce qui se passe mon amour.

- Je n'ai jamais eu ça. Il n'y avait plus personne, j'avais plus de batterie, c'est comme si nous étions dans un autre monde.

- Un monde miroir.

 

Je saisis et le regarde avec surprise, car je n'y avais même pas songé.

 

- Il faut énormément de magie pour réussir à faire ça.

- Et énormément pour en sortir, Luce. Ils ne voulaient pas que tu t'en sortes, tu devais disparaître.

- Mat, il faut continuer, mais les enfants doivent partir.

- Hors de questions !

 

Répondent les enfants en cœur.

 

- Notre couverture.

- Et alors leurs sécurité ?

- J'en ai bien conscience, mais on aura pas de seconde chance. Puis, nous sommes la façade, et toi le sous marin.

- Il va falloir que tu signales ma disparition, mais aussi celle de la vendeuse.

- Comment ça ?

- Quand ma batterie m'a lâcher, elle était avec moi, donc elle aussi est concernée.

- Qu'elle vendeuse Lucia ? Tu étais partie te promener, c'est ce que tu nous as dit.

- Ils effacent aussi.

- Soit plus clair.

- Attend.

 

Je sors mon téléphone et je trouve nul part l'Instagram de la vendeuse, totalement envolé. Comme si elle n'avait jamais existé. Je remet mon attention sur mon chef.

 

- Mathieu, j'étais censé aller voir une vendeuse, pour me renseigner, en prétextant que je voulais acheter un truc, que j'avais vu sur Insta, et là tout à disparu.

- Ok. Donc c'est plus grave que ça. D'ailleurs tu n'as rien acheté.

- Si, mais je l'ai laissé à la boutique, car je n'avais pas envie de me trimballer le carton dans tout le village.

- On ira demain, là tu dois te reposer.

 

J'acquiesce, avant qu'il m'escorte jusqu'au lit.

 

- Tu veux boire, manger quelque chose ?

- Maintenant que tu le dis, j'ai soif.

 

Il me donne de l'eau, avant que mon estomac grogne.

 

- Il faut qu'on mange.

- Alors si je suis censé avoir disparue, c'est pas en sortant dehors qu'on va rester discret.

- C'est sûr, mais on a prit à manger.

- Mat.

- Lucia, fait pas la difficile.

- Merci.

 

Les enfants étaient restés silencieux, depuis leurs interventions pour rester.

 

- Pourquoi nous, on se souvient de toi ?

- En vrai, c'est plutôt logique, nous avons tous un lien avec les grands anciens... Sauf Miah.

- Je n'osais pas le dire, mais je ne sais pas qui tu es. 

Chapitre 13

D'un coup, je me sens heureuse, mais sans savoir pourquoi. C'était comme si un poids énorme avait disparu de mes épaules. Pourtant, rien ne semble avoir changé, je suis avec mon ami Théo et le mec dont je suis amoureuse Mathieu, mais je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. Il me manque une information, mais peu importe, je veux profiter de cette journée à la mer.

Les garçons parlent d'une femme dénommée Lucia, rien qu'à l'évocation de son nom, je sens une colère monter en moi, mais encore une fois, je ne sais pas la raison de cette soudaine humeur. Néanmoins, je ne dis rien, ayant peur qu'ils me regardent bizarrement. Et je ne comprends pas leurs inquiétudes qui grandirent à mesure du temps qui passe, et qu'ils arrivent pas à la joindre. Je finis par les suivre à la voiture, puis à la chambre d'hôtel.

« Lenuméro que vous avez composé n'est pas attribué. »

Mat essai en vain, en disant que ce n'est pas normal, me demandant pourquoi il s'acharne sur un numéro qui n'existe pas.

 

- Je sais que tu ne l'aimes pas, mais tu n'es pas inquiète ?

 

C'était Théo qui venait de me parler, et il me faut un instant pour me décider à continuer de jouer celle qui sait.

 

- Si bien sûr.

 

Je n'ai jamais Mathieu être aussi inquiet et je dois avouer que c'est son état qui me rend nerveuse. Les heures défilent, je m'occupe comme je peux, même si les garçons ne s'occupent pas du tout de moi. Je lis un livre, pas très passionnant soit disant passant. Je finis par relever la tête, quand la porte d'entrée de notre chambre s'ouvre. Il n'y a personne, mais je commence à paniquer quand je vois la porte de la salle de bain, s'ouvrir aussi. De leurs côtés, les garçons appellent cette fameuse Lucia.

 

- Luci, tu vas bien ? Tu étais passé où ?

- Pourquoi elle va dans la salle de bain ?

- Aucune idée. Je crois qu'elle ne vous voit pas.

 

Mathieu se rapproche d'elle, et d'un coup elle apparaît, je reste stupéfaite, mais je n'arrive pas non plus à me souvenir de qui ça peut bien être. La seule chose que je sais, c'est que cette personne est mauvaise, que c'est une méchante femme.

Durant tout l'échange, je comprends ce qu'ils disent, mais je suis incapable de me rappeler si je la connais ou pas. Puis, cette femme dit mon nom, et tous les trois se tourne vers moi, et enfin, j'ose le dire.

 

- Je n'osais pas le dire, mais je ne sais pas qui tu es.

 

Le silence devient pesant, alors que tout le monde semble réfléchir du pourquoi du comment, d'ailleurs moi aussi, j'essayais de comprendre.

 

- Miah, peu tu me dire si tu ressens quelque chose à mon égard ?

 

C'était elle qui avait parlé.

 

- Je ne sais pas, mais dès que j'ai entendu votre nom, et aussi quand je vous ai vu, je ressentais comme de la colère.

 

Je ne pensais pas pouvoir le dire, mais les mots étaient sorties tout seul. Cette fois-ci, c'est Mathieu qui me parle.

 

- Donc tu ne te souviens pas de Lucia, mais est-ce que tu sais ce qu'est l'organisation ?

- Oui.

- Tu sais où sont tes parents ?

- Oui, mort tous les deux, mon père avant ma naissance et ma mère durant une mission, il y a quelques mois.

- Tu peux me dire ce que tu en sais ?

- Oui, ma mère était partie enquêter seule, mais quelque chose s'est mal passée et elle est décédée.

- Théo vit avec qui ?

- Tout seul, il a un appartement qui appartient à l'organisation.

 

Mat se tourne vers cette femme.

 

- Tu as une idée ?

- Pour lui faire revenir la mémoire ?

- Oui.

- En utilisant la magie, après au point où nous en sommes, de la magie y en a partout, à cause du sort qu'ils ont utilisé, donc que j'utilise la mienne ou non, ne changera rien.

 

Petit silence, et je vois Mathieu faire un geste de la tête d'abrogation.

 

- Miah, tu veux retrouver tes souvenirs ?

- Je pense que ça pourrait aider à comprendre.

- Très bien. Tu m'autorises à te toucher ?

- Oui.

 

Avais-je dit sur un ton un peu réticent. Néanmoins, j'étais bien trop curieuse.

Elle s'approche de moi, s'assit à mes côtés, avant de poser sa main sur mon bras. Sans que je ne le veuille, je ferme les yeux, et il ne faut qu'une seconde, pour que quelque chose dans ma tête explose. Comme une bulle qui me cachait l'essentiel. Je me souviens de tout, et quand j'ouvre de nouveau les yeux, je vois sa main sur mon bras. Par instinct, je me recule, pour ne plus qu'elle me touche.

 

- Désolé.

- Je me souviens. C'est à cause de toi que ma mère est morte.

 

J'avais comme craché ces mots, tant la douleur du souvenir avait été violente sur moi. Sur ce, je me lève, et pars vers la salle de bain pour être seule. J'entends bien que les deux garçons essaient de me rattraper, mais surtout qu'ils sont furieux de ce que je viens de dire. La dernière chose que j'entends, c'est elle, qui malgré ses paroles qui vont dans mon sens, me mets encore plus en colère.

 

- Laissez-la, elle a raison.

Chapitre 14

Tout m'était revenu, de pourquoi je suis orpheline. Elle m'avait pris ma mère et celui que j'aime. Cette femme est une épine dans mon pied. J'ai envie de la faire souffrir, comme elle l'a fait pour moi. Néanmoins, je ne veux pas perdre Mathieu en faisant ça, c'est alors que je prends la décision. Si j'arrive à faire tuer Lucia, et que je fais passer ça pour un accident, tout s'arrange, non ? Mat sera à moi et j'aurais eu ma vengeance.

Pourtant, là, dans l'immédiat, je ne peux rien faire, hormis attendre qu'une occasion se présente. C'est ainsi que je me permets de remettre un masque de façade, avant de sortir de la salle de bain.

 

- Je suis désolé, je n'aurais pas dû dire ça.

- C'est parfaitement légitime, sans moi ...

 

Lucia ne finit pas sa phrase, et je contrôle ma colère. Son côté gentil fille qui reconnaît ses torts me mets hors de moi, ça serait plus simple si elle s'en fichait, ou si elle essayait de dire que ce n'était pas de sa faute.

 

- Bon mangeons un bout, ça nous fera du bien.

 

Mathieu installe notre table de fortune sur le sol, et nous mangeons tranquillement, Mat et Théo m'entoure, ce qui est mieux je pense.

Nous finissons et très vite partons dormir, de toute façon dès demain, les choses vont être plus dur, enfin, c'est ce qu'ils ont dit. Et très franchement, je n'ai pas envie qu'ils me renvoient avec Théo à l'organisation, donc autant jouer le jeu jusqu'au bout. 

Chapitre 15

Nous rentrons dans la phase compliquée des choses. J'ai transmis l'adresse à Matt pour qu'il aille voir la boutique, mais pour le moment, j'ai peur que s'il sort, des gens le suivent. S'il se rend à la boutique, ils vont comprendre que je suis revenu. Déjà, le plan pour eux, est d'aller visiter le village.

Il avait récupéré dans des brochures les coins qui se visite le plus, et le plan d'aujourd'hui, c'était de se rapprocher du manoir, comme de bon touriste qui sont fasciné par la demeure. De mon côté, je ne peux pas sortir à la vue de tous. Heureusement pour moi, la magie qu'ils ont déployée va cacher la mienne.

Les enfants descendent manger, pendant que Matt prend sa douche, et j'en profite pour lui parler. Nous étions tous les deux dans la salle de bain, lui sous la douche et moi adossé au mur.

 

- Luce, tu vas faire quoi toi ?

- Je pensais traquer ceux qui nous surveillent. Je vais utiliser la téléportation, pour rester le plus caché.

- Ne te fatigue pas trop, il serait con que tu restes bloqué car tu es vidé.

- Ne t'en fais pas, je connais mes limites.

 

Puis, le bruit de la douche est la seule chose qu'on entend, avant qu'il reprenne.

 

- Que Miah soit en colère contre toi m'exaspère, même si j'arrive à le comprendre.

 

Je ne peux être que d'accord avec ce qu'il vient de dire, mais vu que je garde le silence, il reprend.

 

- Par contre, tu devrais vraiment te pardonner.

 

Il sort la tête de la douche, pour me regarder, et voyant que j'ai la tête baissée, il m'oblige à le regarder en levant mon menton.

 

- Lucia, tu es un agent incroyable, moi aussi, je suis peiné que Sarah ne soit plus là, mais je ne veux pas que tu sombres à cause de ça, on a besoin de toi chérie.

- Je sais, mais c'est plus fort que moi.

- Je ne te dis pas d'oublier ou de faire comme si rien ne s'était passé. Un deuil ça prend du temps, mais j'ai peur que si tu continues comme ça, tu finisses par faire une bêtise pour te racheter.

 

Je ne dis rien, car je sais qu'il a raison, même si ça m'énerve.

 

- Tu sais parfois, j'arrive à ne pas y penser, à être heureuse.

- Mais ...

- Mais je suis fatiguée de voir les gens que j'aime mourir.

 

Cette fois-ci, c'est lui qui garde le silence.

 

- Il me faut encore du temps Mathieu, j'envisage vraiment un avenir ensemble, toi et moi.

 

Il me regarde de nouveau, arrêtant de se doucher.

 

- Je sais que nous pouvons être heureux tous les deux, mais ça sera difficile surtout pour le moment, je sais que tu en as conscience, tu me connais trop bien. En même temps, ça doit faire quoi 15 ans qu'on se connaît.

- 17 ans et 4 mois.

- Merde tu as compté ?

- Je me souviens de notre rencontre, c'est tout, car je suis tout de suite tombé amoureux, Lucia.

- Vous étiez tous les 2 amoureux de moi ? N'est-ce pas ?

- Ouais, sauf que Ben m'a tout de suite dit qu'il était amoureux, donc à l'époque, j'ai préféré mettre mes sentiments de côté.

- Tu penses qu'il est heureux là où il est ?

- J'espère.

 

C'est à cet instant que j'entends la porte de la chambre, et je laisse Mathieu finir sa douche.

 

- Lucia, je t'ai ramené de quoi manger.

- Merci Théo.

 

Je mange tranquillement, avant que Matt parte manger et les enfants prennent le temps de se préparer également.

Une fois seule, quand ils sont partis, je regarde tous les documents que nous avons en notre possession, pour faire un point et choisir mon angle d'attaque. Je vais traquer nos traqueurs, mais aussi m'aider de ça pour aller fouiner dans leurs cachettes. 

Chapitre 16

J'ai laissé partir notre petit groupe, et je prends le temps de me préparer. Dans la chambre, je mets en place des verrous magiques, pour m'aider à canaliser la magie, et surtout que personne ne comprend que j'étais là.

J'ai encore du mal à comprendre ma magie, n'ayant rien trouvé dans les archives. Puis, je ne suis qu'une réincarnation, sans être activé. C'est une chose rare à ce qui paraît. D'habitude, les êtres comme moi, ont une vie normale, puis il y a une activation de la réincarnation et on retrouve les souvenirs, la magie, tout qui permette d'être entièrement fonctionnelle. Apparemment, j'ai oublié de cocher la case « souvenir », donc c'est comme avoir un objet inconnu entre les mains, sans le manuel d'utilisation. D'après l'organisation, il serait possible que ça soit lié aux grandes entités, mais franchement, je préfère m'en méfier.

Je me mets au milieu de la pièce, ferme les yeux et me concentre. J'arrive à localiser rapidement Mat, puis Théo et par extension Miah. Je lis les énergies autour d'eux, et effectivement, ils sont épiés. Plusieurs hommes, je dirais bien 4 personnes qui les surveillent. Ce qui est simple dans cet état de transe, c'est que je peux mieux lire l'énergie, et il est indéniable que la magie des grands anciens à imprégner leurs âmes. À partir de là, je scanne le village, et je découvre plusieurs endroits susceptibles d'être des repaires. Le manoir, est particulièrement imprégné, mais ça serait se jeter dans la gueule du loup, alors autant débuter par des endroits un peu moins chargés.

Je me focalise sur le 1er endroit, qui se trouve au sein du village. C'est un appartement, plutôt modeste. Avant de m'y téléporter, je vérifie deux choses. S'il n'y a personne, et si y a des alarmes. Autant classique, que magique. Par chance, la voie est libre. Je redouble ma concentration et me téléporte dans l'appartement.

Quand j'ouvre les yeux, je constate que c'est un bien un appartement simple, je me relève, et doucement commence à fouiller, mais je reste bien à distance des fenêtres. Je suis sur mes gardes.

Très vite, je repère ce que je cherche. Des photographies, avec des documents d'un objet avec un journal qui date déjà de plusieurs mois. Un certain Emmanuel Dupont à trouver dans son jardin une chose qui pourrait avoir de la valeur. J'imagine qu'ils n'ont pas dû trop en parler, ça reste un journal local, sinon les scientifiques seraient venus. Je scanne l'appartement, mais il n'y a rien d'autre, ça doit aussi servir de local pour des réunions.

Je sors mon téléphone et prends en photo mes trouvailles, avant de tout remettre et de chercher une seconde zone à explorer.

 

*

 

Que Lucia ne soit pas avec nous me soûle un peu, et en même temps, au moins je ne la voie pas roucouler avec Mathieu. Par contre, Miah estaux anges, enfin ça change, car d'habitude, elle est plus du genre dépression et vengeance. Après, je ne m'en occupe pas trop, je veux prouver que je peux rejoindre l'équipe, et pour ce faire, je dois montrer le meilleur de mon potentiel.

 

- Mat ?

- Oui Théo ?

 

J'ai repéré la boutique que Lucia avait parlée, là où elle a« disparu », mais je ne peux pas l'évoquer comme ça.

 

- On ne dirait pas une vieille boutique de souvenir ?

 

Il regarde là où je montre.

 

- Il semblerait, vous voulez qu'on aille voir ?

- Oui !

 

Pour une fois que Miah, joue le jeu. Nous y allions, mais quand on arrive ,la boutique est fermée, mais surtout en regardant à travers les fenêtres nous voyons que l'endroit est désert. C'est à cet instant qu'un homme assez âgé vient nous parler. Nous sursautons de concert, avant de nous retourner.

 

- Elle est malheureusement fermée, la petite qui tenait cette boutique est morte, il y a un peu plus d'un an.

- Comme c'est triste.

- Oui, dans la force de l'âge, une gamine incroyable, même si un peu bizarre, si vous voulez mon avis.

- Comment elle est morte ? Si ce n'est pas indiscret ?

- Oh ! Un banal accident de la route.

- C'est vraiment dommage.

- Oui. Après, si vous voulez un autre magasin de souvenirs, vous en trouverez un plus près de la plage. Il est un peu plus conventionnel, mais vous y trouverez les choses habituelles.

- Merci monsieur, je ne pense pas qu'on va acheter aujourd'hui, mais pourquoi pas le dernier jour. Bonne journée monsieur.

- Bonne journée les jeunes et profitez bien de votre séjour.

 

Nous remercions le vieux, avant qu'il s'en aille. Puis, à notre tour, nous continuons notre visite, avant d'aller manger dans la petite brasserie du coin. Nous prenons des forces avant d'aller au manoir.

 

*

 

La matinée a été prolifique, j'ai fait 5 cachettes. Après, il est évident que l'objet que nous cherchons se trouve dans le manoir. De retour dans la chambre d'hôtel, je transfert tout ce que j'ai trouvé. Je laisse aussi une note écrite, au cas où ils rentreraient avant que je ne sois revenu.

Je mange les restes avant de me remettre en route. Je veux retrouver ma vendeuse.

 

*

 

Nous partons pour le manoir, prenant notre temps. Une fois devant le portail, nous voyons que c'est devenu une propriété privée, alors nous allons à l'office de tourisme. Là-bas la jeune femme, nous renseigne que durant des années, nous pouvions le visiter, mais depuis quelques mois, le propriétaire avait arrêter les visites. Elle s'excuse que les prospectus qui parlent de le visiter n'aient pas été retirés. Très vite, d'ailleurs, elle est enlèvent.

Le manoir ça tombe à l'eau, mais rentrer à l'hôtel maintenant serait suspect.

 

- Vous voulez faire quoi ?

- Il fait beau, on pourrait retourner à la plage ?

- Et toi Théo ?

- Oui, ça me va.

 

Nous y allons, en espérant que Lucia aura plus d'éléments à notre retour.

 

*

 

Après vérification, je me téléporte dans la boutique, dans un coin assez reculé, pour ne pas qu'on puisse me voir. D'ailleurs, je sens immédiatement plusieurs choses. Le trio est venu, mais vue, l'odeur est faible, je dirais qu'ils sont restés à l'extérieur. Aussi, que ce que je vois n'est pas la réalité, mais surtout que la magie ici, est extrêmement puissante.

Pour la retrouver, je dois repasser de l'autre côté, mais comment faire ? Je vais dans l'arrière-boutique, pour me trouver un coin tranquille. J'envoie juste un sms à Mat.

« Toutes les infos pour le spectacle, laissé chez nous. Vais chercher, mon amie, ne sais pas quand je rentre. »

C'est codé, au cas où ils auraient un moyen d'avoir les informations. Après, il me connaît assez bien pour décrypter. D'ailleurs, la réponse ne se fait pas attendre.

« Super, j'espère que ça n'a pas été difficile de tout avoir. Tu devrais attendre, avant d'aller la chercher, qu'on y aille à deux. »

Il fallait s'en douter, il n'est pas fan que je me mette en danger.

« Franchement, ça va pour les infos. Je n'ai rien à faire, puis, une fois fait, ça sera plus ça à faire. Ne t'en fais pas, profite de ton séjour. »

Il doit pester en silence en voyant le message, car il m'envoie.

« Tête de mule ... Main sur la poitrine qui monte. »

Je rigole, avant de lui envoyer.

« Main sur la poitrine qui monte aussi. »

Une belle façon de me dire, je t'aime en langue des signes. Ensuite, je pose mon téléphone et me concentre. 

Chapitre 17

Je m'installe, dans la boutique, en tailleur. J'ai les yeux fermés et je rentre en méditation. Je n'ai pas vraiment envie de rentrer de nouveau dans ce monde, mais je ne peux pas laisser cette femme toute seule.
 

Je n'entends que ma respiration, puis les battements de mon cœur, je sens l'atmosphère changer autour de moi, comme si le monde tournait. Quand j'ouvre les yeux, la boutique est de nouveau pleine d'objets.

 

- Il y a quelqu'un ?
 

Ma voix casse le silence, mais aucune réponse, je me lève, avant de faire le tour de la boutique et l'arrière-boutique. Je suis seule et me demande si la jeune femme est partie pour voir s'il n'y avait pas une issue, enfin, je n'imagine pas la panique. Moi qui suis habitué, j'ai tout de même paniqué en voyant que j'étais seule.

 

Lorsque je sors, toujours pas de bruit, pas de vent, pas d'animaux, absolument rien. C'est comme si j'étais dans une ville fantôme arrêter par le temps. D'un côté, je ne ressens aucune énergie qui me surveille, c'est bon signe, ça me laissera plus de temps pour explorer, sans être sur mes gardes.

 

J'en profite pour retourner dans les lieux que j'avais visités un peu plus tôt. L'atmosphère est différente dans chaque endroit, on sent que quelque chose à imprégner les murs. Néanmoins, je ne trouve rien d'intéressant. C'est alors que je me dis que d'aller au manoir, ne serait pas une si mauvaise idée.

 

Sur le chemin, je continue de chercher la vendeuse, que je ne vois nulle part. Mais le plus troublant, c'est qu'à mesure que je me rapproche du manoir, je sens que quelque chose m'oppresse. Il est évident que c'est la source qui se trouve là-bas.

 

Je sors mon téléphone qui n'a plus de batterie, comme par hasard. J'aurais bien voulu prévenir Mat, mais ce n'est pas possible, je vais devoir faire sans.


 

*

Quand j'arrive devant le manoir, je prends un instant pour le regarder. Il est imposant et menaçant. Il est ordinaire, mais c'est comme si des tentacules entouraient l'endroit, comme si le manoir lui-même était devenu une entité. Je sens mes poils se hérisser, mais c'est loin de me faire renoncer. Doucement, je pousse le portail, et me dirige vers la grande porte. Ici, tout semble déformer, la porte ne doit pas être plus loin que 200 mètres, mais je peine à l'atteindre.
 

Après un premier effort, je me demande si je dois rentrer, ou frapper d'abord, mais quelle idée d'y être allé seule. Enfin, si je lui dis ça, il risque de me dire « je te l'avais dit ». Il m'énerve parfois.
 

Je pousse la porte, qui s'ouvre facilement, bien qu'elle soit assez lourde. Étrangement, à l'intérieur, les lumières sont allumées, et j'avance en faisant le moins de bruit possible. Je prends un instant, pour m'assurer que personne n'est présent à l'intérieur, et mes sens sont complètement désorientés. Je sens de l'énergie partout et nulle part à la fois, je dois y aller à l'aveugle.

 

L'entrée est vaste, escalier en face, pièce à gauche, pièce à droite, puis aussi derrière les escaliers.

 

Je respire un bon coup et commence ma fouille. Pièce par pièce, je regarde, je fouille, mais clairement tout est normal. Rien en lien avec l'occulte, rien qui puisse me donner des indices, je commence même à désespérer après avoir cherché ce qui me paraît bien 2 h. Allons, à l'étage, en espérant ne pas devoir trouver un grenier, ou un sous-sol, tellement cliché.

 

C'est en montant les escaliers que je sens une chose m'entourer, mais sans la voir. Je sens mon cœur s'emballer, et je vais pour rebrousser chemin, quand je vois que les escaliers s'enfoncent dans le noir. Pas comme si c'était une brume opaque, mais plutôt comme si c'était un sol. Je pose tout de même le pied sur la zone sombre, mais à ce moment-là, je me fige, prise d'une douleur indescriptible, qui traverse mon être entier. Je dois mettre toute ma volonté pour retirer mon pied, tombant en arrière, jusqu'à ce que mes fesses rencontrent le froid du marbre des escaliers. Au passage, ma chute me fait cogner le bas du dos contre le rebord d'une marche. Je gémis de douleur, bien qu'elle soit plus agréable que celle d'avant.

 

Je regarde cette chose noire, mais elle ne bouge pas, ne semble pas être vivante, néanmoins, ça ne me laisse pas le choix. Je vais me téléporter, il faut que je sorte de là. Je me concentre, mais rien. Rien ! Je me relève, mets mon téléphone dans ma main et de l'autre, j'essaie de le faire bouger, mais toujours rien. PUTAIN, JE SUIS DANS LA MERDE !

 

Je commence à ranger mon téléphone, alors que je continue de monter les escaliers, si je ne peux pas descendre, il faut que je monte, et peut-être trouver une sortie en haut.


 

*


Nous sommes installés sur la plage, et je peine à détacher mon regard du téléphone, parfois elle m'énerve à n’en faire qu'à sa tête. Mais bon, c'est aussi comme ça que je l'aime. Théo s'occupe de Miah, ce qui m'empêche de devoir la gérer. Pour une fois, je suis reconnaissant qu'il soit là.
 

Durant un instant, je les vois s'amuser avec un truc sur la plage, mais je n'ai pas le loisir de regarder mieux pour voir de quoi il s'agit, que je suis pris d'une douleur au thorax. Je sens comme si on m'arrachait le cœur, j'ai le souffle coupé, et je me tiens comme si ça allait changer quelque chose. Immédiatement, je pense à Lucia. C'est forcément lié à elle, ça ne peut être qu'elle.

 

Quand la douleur disparaît aussi rapidement que sa survenue, je prends mon téléphone, et je ne prends pas la peine d'envoyer un message, je l'appelle. Il n'y a même pas de sonnerie, que déjà une voix automatique me répond.


« Le numéro que vous avez demandé n'est pas attribué ou n'est pas accessible, votre appel ne peut aboutir. »


 

Je raccroche avant même que la voix ait fini de parler. Je suis paniqué, dans quelle merde, c'est elle mis ? Les enfants ont remarqué que j'avais changé et était revenu vers moi.

 

- Tu vas bien, Mat ?

- Oui Miah, merci. Mais je voudrais rentrer. 

- C'est à cause de… Enfin, tu sais quoi. On entre à l'hôtel.
 

Miah ne proteste pas, elle a l'air vraiment inquiète et Théo m'aide, car il voit que je suis complètement désorienté.


 

*

Les escaliers ne semblent plus s'arrêter, je commence même à courir, jusqu'à ce que je loupe une marche, qui a failli me faire tomber en bas. La chose noire à disparu, mais je suis persuadé qu'elle est toujours là, si je redescends. Je me relève et continue mon ascension, tout en faisant attention de ne pas tomber.
 

En cet instant, je me dis que j'aurais dû faire plus attention, que c'est la première fois que je suis dans une merde pareille, et en plus seule. D'un coup, je me fige, non pas de douleur, mais l'image des trois m'arrive en pensées, eux à la plage. Mat, ne semble pas au meilleur de sa forme, il lui arrive quelque chose, mais ce que je vois est un résidu du passée, j'en ai l'intime conviction.
 

Serait-ce dû à ce qui m'est arrivé ? Sommes-nous plus liés que je le pensais ? Je dois me ressaisir, car je ne veux pas qu'ils viennent à ma rescousse, puis je pense que ça ne sera pas possible.


 

*

 

Quand je vois l'état de Mathieu, j'ai peur pour Lucia, il lui est arrivé quelque chose, pour sûr. Je ne supporterais pas de la perdre aussi, alors que je commence tout juste à retrouver un semblant de normalité. Bien que la panique commence vraiment à me prendre aux tripes, je n'ose pas questionner Mathieu, car il semble bien plus paniqué que moi. Même si je ne l'apprécie pas, je ne peux pas lui reprocher de tenir à elle, et qu'il ne voudra jamais son mal. Nous rentrons à la chambre, avant de trouver ce que Lucia avait trouvé durant ses recherches.

 

- Mathieu, elle t'a dit autre chose ?

- Qu'elle allait chercher la vendeuse.
 

Je sens la rage qui monte en moi.

- Et tu n'aurais pas pu l'arrêter ?!

- Théo, arrête, tu es méchant !

 

Miah qui le défend tout de suite, mais ce qui fait que nous nous arrêtons tous les deux de gueuler, c'est lui. Il rigole, mais ce genre de rire glaçant de quelqu'un qui perd la raison.

 

- Tu connais Luci, jamais elle n'écoute.

- Je sais.
 

À mon tour, je m’assois, Mathieu m'avait précédé.

- Je sais Miah que tu l'apprécie pas, et que toi Théo, c'est moi que tu n'apprécies pas, mais… mais…
 

Je ne l'ai jamais vu comme ça, comme quelqu'un prêt à sombrer dans le désespoir.

- Je sais Mathieu, tu l'aimes et crois moi, elle t'aime aussi, c'est même relou à voir.
 


Miah ne dit rien, mais je vois bien dans son regard qu'elle ne compatit pas, au contraire, elle semble prise de rage, mais assez contrôlée. Mathieu ne la voit pas, mais je vois dans son regard, qu'elle ne souhaite qu'une chose, la mort de Lucia.

 

- Je ne vois pas ce que tu lui trouves à cette meuf, elle se fou de toi, se joue de toi, même là elle te fait mal, alors qu'elle n'est même pas là !
 

Nous n'avons pas le temps d'ajouter quoi que ce soit, que Miah part se réfugier dans la salle de bain. Entre la rage et les pleurs.

 

- Comment ose-t-elle dire ça ?

- Laisse, ça ne sert à rien d’envenimer la situation.

- Tu n'es pas en colère.

- Bien sûr que si, je déteste qu'on s'en prenne à Lucia, d'une manière ou d'une autre, mais Miah ne voit que le côté où elle a perdu sa mère en mission, alors qu'elle était avec Lucia, donc faute de blâmer un véritable coupable, elle blâme Luci.

- Tu sais, je ne te déteste pas, mais quand tu es avec Lucia, j'ai l'impression de la perdre.

- Luci est comme une grande sœur pour toi, c'est un parent de substitution, jamais j'irais te la voler. Si un jour, tu as besoin d'elle, alors qu'on était censé aller quelque part ensemble, tu resteras prioritaire. Théo, elle t'aime beaucoup, mais si elle a besoin de moi, je serais là.

- Merci.

- De rien.
 

Il y a un silence, avec en fond sonore les pleures de Miah.

- Tu as l'intention d’emménager avec nous ?

 

Il pouffe de rire un instant, avant de se reprendre.

- Lucia ? La connaissant, elle me dirait « garde ton appart, on sait jamais, si un jour, j'ai envie d'être tranquille. » , tu sais, elle adore avoir son indépendance.

- C'est clair.

- J'ai peur de la perdre aussi, tu sais Théo. Je l'aime tellement, je ne sais pas ce que je deviendrais sans elle.

- Mais vous étiez séparés.

- Oui, mais elle allait bien, donc je ne m'inquiétais pas trop. Puis y a eu l'histoire avec Sarah, la mère de Miah, et elle à totalement changé. Je lui fais confiance, enfin lui faisais confiance pour prendre soin d'elle, aujourd'hui ce n'est plus pareil, comme là, j'ai ressenti une douleur intense, et j'ai peur que ça vienne d'elle.

- Elle est forte, elle va s'en sortir, c'est sûr.

- Tu essaies de me réconforter gamin ?

- Ne me traite pas de gamin.

- Très bien.
 

Il me sourit, avant de se relever.

- Même si on ne peut pas faire grand-chose, il faut qu'on trouve une solution pour qu'elle puisse s'en sortir.

- Comment ?

 

*

 

J'ai perdu le compte des marches, du temps également, je marche, je fatigue, et je remarque après avoir un instant fermé les yeux, que je ne suis plus dans ces escaliers, mais dans un couloir, avec une porte au fond. De la lumière s'en échappe, ce qui contraste beaucoup avec les ténèbres. Je me retourne, pour m’apercevoir que le couloir continue aussi loin que mes yeux peuvent voir. Je vais vers cette porte, je l'ouvre, et immédiatement, je suis aveuglé par la clarté de la scène. 

Chapitre 7

Chapitre 8

Chapitre 9

Chapitre 10

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Liste de lecture

Chapitre 11 : Room of Angel (playlist Youtube)

Chapitre 12 : Betrayal - Theme of Laura (reprise) - True (Playlist Youtube)

Chapitre 13 :Toxic - 2WEI (Playlist Youtube)

Chapitre 14 : BITE ME AJ DiSpirito - Instrumental (Playlist Youtube)

Chapitre 15 : Slavic Music - Tears of Eternity (Playlist Youtube)

Chapitre 16 : The hole soundtrack (Playlist Youtube)

Chapitre 17 :

A l'organisation playlist 2

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