
Sous la surface des étoiles

Il y a fort longtemps, j'avais décidé de rester dans ce monde, car tout me semblait si différent de ce que j'avais connu jusque-là. Sur place, j'ai très vite émis le souhait de faire le tour de ce monde, pour y voir les différentes richesses qu'il possède.
Je ne pourrais vous détailler l'intégralité de ce monde, mais avant que mes yeux ne se ferment à jamais, je veux me remémorer une dernière fois les plus belles merveilles que mes yeux ont eux le privilège de voir.
Mon périple, m'avait conduit à Herias, une terre bipolaire, pourrais-je dire. Quand le soleil se lève, les couleurs vertes jouent jusqu'au moment où les deux soleils sont hauts dans le ciel et laissent par la suite un rose pâle illuminer l'endroit. Au sol, le paysage des oasis de verdures de couleurs rouges, où l'eau à une température rafraîchissante est d'un vert turquoise. Et pourtant, comme je l'ai dit, cette terre est bipolaire, car en dehors des oasis, la terre est faite de cendres volcaniques, où y règne des chaleurs parfois infernales, au milieu de leurs étés. Les cendres noires, laissent un paysage semblable à la mort elle-même. Sans un bon guide, il est facile d'y laisser sa peau.
Bien que ces terres soient effrayantes, son peuple est tout l'inverse, tellement généreux, et serviable. J'y ai découvert des choses simples, presque tribales et pourtant, ils avaient la technologie. Néanmoins, ils préféraient s'en servir pour honorer leurs dieux et ancêtres, mélangeant également la magie.
Car oui, ici, la magie existe et elle est bien présente. Certains endroits sont façonnés au bon vouloir des mages. Comme c'est le cas de Lucialniste. La première chose que vous voyez et, cela de très loin, est la tour d'astronomie. En vrai, c'était au départ une école de magie. Pourtant, très vite, les mages avaient eu à cœur de l’agrandir, mais ne pouvaient le faire au sol. C'est pourquoi ils rajoutèrent des étages, et aujourd'hui, en plus de l'école, toute une ville est dans cette tour, elle-même dans une ville. Aujourd'hui, elle a fini par toucher les étoiles, si je puis dire. Enfin pas littéralement, mais ces derniers étages, sont au-dessus de l'atmosphère vivable. Il faut être un grand mage, pour pouvoir résister aux derniers étages, sans succomber.
Maintenant, elle ne s’agrandit plus, heureusement. Autour d'elle, une ville gigantesque, avec multitude d'échoppes, de magasins où l'on y vend des services de toute nature, prospère. Il n'est pas rare d'y trouver une multitude de visages, allant des personnes riches, aux plus pauvres. Néanmoins, ce qui détonne ce ne sont pas les gens, mais les bâtiments qui ne sont pas très grands, avec 2 ou 3 étages maximum, qui en sont centre abrite cette tour énorme. En périphérique de la ville, se trouve une multitude de temples, pour les différentes divinités. Par contre, quand on s'éloigne de la cité, en pleine nature, le regard balaie de grandes étendues de dunes, où le sable de couleur prune chauffe doucement sous un ciel rose.
Très intéressant, mais la misère qui y règne ma mis très vite mal à l'aise et j'étais partie.
À Théolorg, c'est plutôt la technologie qui règne en maître. La magie y presque banni, à quelque exception. Ce n'est pas qu'ils ont peur de la magie, mais plutôt veulent prouver que la technologie est supérieure.
Cette fois-ci, il n'y a pas qu'une seule tour, mais plusieurs, avec énormément de plates-formes reliées les unes aux autres. On se déplace dans les airs, en s'aidant de tube à air comprimé, qui permet de se déplacer avec une rapidité alarmante. Ou sinon sur les chemins entre les tours, qui sont des ponts, légèrement flexibles, car il n'est pas rare que les tremblements de terre, fassent bouger les structures.
La richesse est honnis présente en ces lieux, et même s'il existe une partie de la population pauvre, ils sont aux services des autres, et jouissent de certains privilèges. D'ailleurs, il y a peu, j'ai appris qu'ils ne faisaient plus entrer de personnes dans la ville à moins que vous montriez patte blanche et que vous avez assez de revenu. Je suis trop vieux pour y retourner, mais je n'ai aucun doute sur le fait que la ville a dû bien changer depuis que j'y suis passé. Ce que j'y ai trouvé d'étonnant, c'était une légère ressemblance aux villes avec pleins de hauts bâtiments de notre monde. Beaucoup de vitres, qui reflètent la lumière des soleils et des autres bâtiments. Par contre, eux ont fait le pari, de mélanger technologie et nature, et il n'est pas rare de voir des structures accueillant plantes en tout genre, ou alors des cascades d'eau et de plantes le long de certains bâtiments. Cela fait beaucoup penser aux écrits sur les jardins suspendus de Babylone.
Sinon, si vous sortez de cet espace, la technologie a rendu la nature capricieuse, à force de jouer avec elle. Des dunes recouvertes de neiges la moitié du temps, mais de l'autre, vous y trouviez des marais, avec des zones tellement humides, que les insectes du coin, pouvaient être une vraie plaie, s'ils n'étaient pas tenus à distance avec des boucliers d'énergie.
Je pourrais encore parler de cet archipel, où la mer d'une couleur pourpre, se mélange la nuit aux plantes fluorescente bleutées et vertes. Ce coin sauvage, l'est resté, de par sa dangerosité, personne n'ose y vivre. Il n'est pas rare de voir les terres noyées, à cause des lunes qui augmentent les coefficients de marée. La végétation, et même la faune veulent votre mort, mais c'est vrai que les paysages sont à couper le souffle.
Mais mon endroit préféré, est aussi le plus satisfaisant. Pour y arriver, il faut être endurant et surtout respecter les règles. Aucune magie ni même technologie survit dans cette partie du monde, hormis celle qu'elle génère.
La descente de l'éternel chaos. Pourquoi ce nom ? Tout simplement, car en son centre règne un trou noir, en permanence en train de s'effondrer sur lui-même. Il est dit qu'un dieu, pour sauver cette partie de l'univers avait enfermé cette énergie dans une planète et ainsi donna vie à cette dernière. Dès lors, elle laissa la vie s'épanouir sur sa surface, tant que des gardiens continuaient de vénérer l'énergie du chaos en elle et d'être les témoins de l'histoire.
Pour s'y rendre, il faut aller dans les montagnes du Storala qui sont recouvertes de forêt, aux couleurs multiples, donnant une mosaïque impressionnante quand on arrive. Il faut s'enfoncer dans la végétation pour trouver l'entrée d'une grotte.
Après être descendu en rappel à l'aide de corde, il nous avait fallu s'enfoncer sur plusieurs kilomètres, dans des galeries, pour avoir un autre paysage que l'intérieur de cavernes, avec parfois des lacs ténébreux.
Enfin, une lumière nous avait accueillis, et le froid nous avait pris aux tripes. Sans équipements, il aurait été très difficile, voir impossible d'y aller, tant le froid est extrême, dans cette partie de la grotte. Nous étions sortis sur une immense cavité enneigée. À cet instant, je n'avais pas pu m'empêcher de regarder autour de moi, pour y voir que nous sortions d'une structure d'un temple gigantesque. Quand la tempête avait diminué, un spectacle s'était offert à nos yeux une étendue d'un champ de bataille. Des géants figés dans une bataille sanglante. Mon guide me fit traverser sur plusieurs jours, ce champ de mort. Nous étions obligés de nous protéger quand la tempête reprenait. Quand la nuit tombe, le noir y est total, mais le plus étonnant, c'est le silence, si terrifiant.
J'étais heureux, quand nous avions enfin quitté cet endroit. Reprenant, la descente, nous étions tombés rapidement, sur la jungle des damnés. Contrairement à avant, la vie y est florissante, faune et flore, aussi bouillonnante qu'à la surface. Pour la lumière, on la doit à des plantes qui fournissent un cycle de jour et nuit, même si la nuit n'est jamais totalement noire, mais plutôt indigo avec des lucioles qui donnent un aspect d'étoile en perpétuel mouvement.
Nous faisons tout pour nous faire oublier dans cette jungle, car ici, tout cherche à vous manger. Nous avions convenu, tous les deux de ne jamais dormir en même temps. Il fallait trouver la sortie qui se trouve dans un temple, qui change d'endroit en permanence. Nous avions eu de la chance, car il nous avait fallu seulement 10 jours pour la trouver. Le plus long séjour, de ceux qui sont revenus était de plus de 3 ans. Heureusement, que dans cette jungle, vous pouvez y trouver nourriture et eau potable.
Plus nous descendions, et plus je sentais l'énergie du trou noir, le temps accélérait et tout s'était enchaîné, quand nous étions tombés, dans le lac souterrain. Un endroit très étrange, la nuit, y est perpétuel, car si on regarde le ciel, nous y voyons des étoiles, que j'aurais pu voir à la surface. Il y avait aussi des étoiles filantes et tout cela, sans bouger de l'eau chaude. La lumière vient des profondeurs, qui éclaire les environs, nous laissant la possibilité d'y voir son sol. Le sable fin, des coraux, des poissons, comme chez moi, avant d'arriver ici.
Je m'y sentais si bien, au point où j'avais eu envie d'abandonner et de rester ici. C'était le piège de cet endroit, mais le guide m'avait forcer à sortir de cette eau réconfortante. Nous étions plus très loin, encore 2 jours de marche, pour y arriver.
Et enfin nous y voilà, de mes yeux ébahis, j'avais vu ce vide intense, continuellement en train de s'effondrer sur lui-même. En m'y concentrant, j'ai pu y voir le passé de ce monde, mais également du mien, et de leur avenir aussi. Je me voyais mourant en train de me remémorer mon périple depuis tant d'années.
Mais je suis toujours ici non ? À quoi ça rime ? Je peux voir, la fin de ce monde, la fin de mon monde d'origine également. Je dois m'extraire de là, je dois aller les prévenir. J'étais venu ici, pour trouver des réponses, c'est cela, mais cette chose m'a emprisonné, mentalement.
Elle me fait revoir des milliers d'endroits entre ici et mon monde pour calmer mon esprit, je sens même mon corps flotter, comme au moment où j'étais dans le lac sous les étoiles. Je sombre peu à peu avant de m'éteindre, apparemment, c'est trop pour moi. Mon corps disparaît, tombant en cendre, mais mon esprit, reste accroché au trou noir. Je m'en rapproche et immédiatement, je ne fais qu'un avec notre monde et celui que j'ai adopté, je vois tout en même temps, qui je veux également. De plus, le passé, présent et futur, ne veulent plus rien dire. Je finis par me perdre dans ma vie passée, pour y revoir mes parents, que j'aimais tant. Je revis ma vie, et m'émerveille des splendeurs que j'y ai vues.
C'est quand je finis de revoir l'intégralité de mon existence, que je comprends enfin, l'anomalie, m'a choisi pour devenir un gardien. Je saisis maintenant, ma mission et pourquoi j'ai eu désespérément envie d'y aller depuis que j'étais arrivé à l'organisation. Je n'ai plus de regret, ni même la peur qui m'avait pris plutôt, tout cela s'en était allé. J'ai plus qu'une seule mission, observer et comprendre notre univers, nous sommes, nous les gardiens, les garants de nos histoires, à travers les différents mondes, dimensions, de notre univers. Nous savons tout, mais ne pouvons agir, tel est notre châtiment. Je comprends aussi tant de choses, mais je n'ai plus les émotions pour exprimer mes découvertes. Et enfin, je vois, l'avenir de cet univers touche à sa fin, nous allons tous disparaître, si les sœurs du chaos ne font rien pour changer les choses. Et pourtant, elles n'ont pas envie de faire quoi que ce soit.
Cette guerre vieille de plusieurs cycles que même l'humanité ne peut l'envisager, va bientôt prendre fin, de la bonne ou de la mauvaise manière, seul les choix vont compter dans ce dénouement final.