top of page

A l'organisation (titre temporaire)

Chapitre 1

Depuis maintenant des semaines, il n'y a pas une journée où je ne pense pas à cette merde. Enfin si, lorsque j'étais coincée dans cette cabane, les choses étaient plus simples, car j'étais obligée de me concentrer sur ce qui s'y déroulait. Mais là, chez moi, ce n'est pas la même saveur, surtout que j'ai eu le droit à quelques jours de repos. De quoi me tourner les pouces, et ressasser les événements, la seule chose positive, c'est Théo. Depuis son sauvetage, il dort chez moi. C'est ce qu'a demandé la psychologue, qui pense qu'il sera plus simple pour lui de surmonter son traumatisme, en ma présence, celle qui l'a sortie de là. En temps normal, je vis seule, ce qui m'arrange bien, j'aime cette liberté. Pourtant, je suis contente de l'avoir, cela me laisse moins de temps pour me lamenter. Puis, son histoire est bien plus terrible que la mienne. Avoir échappé à un assassinat, devenir orphelin et d'être resté bloqué dans une boucle temporelle, aussi longtemps, pour ne pas dire des années, n'est pas chose facile. Il doit travailler sur tout cela, pour aller mieux, mais il doit gérer en plus son corps, qui n'est plus si petit qu'avant son cerveau à encore du mal à gérer l'information. Il n'est pas rare qu'il se cogne et à force de me cogner sans faire exprès, nous commençons à avoir des bleus tous les deux.

 

Pour le moment, il passe son temps à jouer à la console, ou à pleurer dans sa chambre, lorsqu'il n'est pas chez la psychologue. Je lui laisse assez d'espace, mais reste présente pour lui, au besoin. La seule chose, qu'il n'aime pas trop, ce sont les séances chez la psy. Il a compris que c'est pour son bien, et c'est pourquoi il ne râle jamais, lorsque nous y allions. Un bruit m'arrache de mes pensées, c'est le vibreur de mon téléphone. Je n'ai pas besoin de le regarder, pour savoir qui m'appelle. Ce n'est pas de la magie, juste une question de bon sens, car tous les matins, j'ai droit à cet appel, depuis mon retour d'Allemagne. Je décroche, et mon interlocuteur, ne me laisse pas le temps de dire quoi que ce soit, que j'entends déjà sa voix familière.

 

- Luci tu vas bien ? Et Théo ?

 

Je soupire, depuis le drame de mon avant-dernière mission, il s'inquiète en permanence pour moi. J'aime bien ce côté gentil, qu'il ne montre qu'à moi et je dois dire que malgré la nuit que nous avons passé, après mon retour, il n'a pas changé. À cet instant-là, j'étais si mal, que la première personne que je voulais voir, c'était lui. Je n'avais pas réfléchi et l'avais simplement embrassé avec fougue, pour l'inciter à aller plus loin. Et il avait répondu avec tant d'ardeur, que cette nuit réussit à me faire oublier ma culpabilité, jusqu'au lendemain. Dès lors, j'avais pris l'initiative de ne pas recommencer, car je le sais, jouer à ce jeu serait douloureux pour nous deux.

- Nous allons bien, merci. Ne t'inquiète pas, je viens au boulot aujourd'hui.

C'est lui qui m'a quitté y a trois ans, mais je sais aussi qu'il m'aime toujours et ça me pèse. Jusqu'ici, j'ai toujours fait en sorte que notre relation reste professionnelle, depuis notre rupture, mais quand il se comporte de la sorte, j'ai envie de retourner dans ses bras. Merde.

 

Je me lève pour aller prendre mon petit-déjeuner. J'en profite pour tout préparer, et vais me laver pour débuter cette journée. Je suis déjà prête pour retourner au bureau, mais prends le temps de m'attabler, pour manger un bout. À cet instant, Théo vient me rejoindre, pour prendre son petit-déjeuner. Un petit bonjour et le silence devient notre mélodie préférée. Et même si tout comme moi, il ne parle pas beaucoup, il a du mal à rester seul.

 

- Je dois retourner bosser aujourd'hui.

- ...

- Je te laisse deux solutions.

- ...

 

Il lève les yeux sur moi, attendant la suite.

- Soit tu viens avec moi, et tu nous racontes ce qui s'est passé.

- ...

- Soit, je te laisse chez Laura.

- Non, je veux rester avec toi.

- Tu es sûr ? On ne te demande pas de tout raconter, mais il faudra que tu nous dises un peu plus, c'est important pour nous de savoir.

- ...

 

Il a du mal à rester chez Laura, car là-bas, se trouve la fille de Sarah, Miah, orpheline depuis peu, par mes soins. La pauvre est peut-être dans un état pire que Théo, bien qu'elle n'était pas là, pour assister à la mort de sa mère. C'est surtout de ne pas savoir, qui la met dans cet état, et elle veut absolument comprendre. Mon protégé, c'est toujours bien comporté avec elle, mais il m'a avoué que sa tristesse le met mal à l'aise. Je l'aime bien ce gamin, même si pour le moment, l'envie d'avoir un enfant n'est pas au rendez-vous, c'est comme si j'avais un petit frère.

 

- On fini de manger et on se prépare ?

- Ouais.

 

Une fois terminée, je laisse le temps à Théo de se préparer. Cela me laisse du temps, pour faire la vaisselle, et ensuite d'ouvrir un livre pour lire un peu. Je lui laisse le temps, il est parfois long dans la salle de bain, mais pour l'heure, il est encore pas mal dissocié et perdu. 

 

Trop absorbé dans mon livre, je n'entends pas le petit arrivé, mais ici je me sens assez en sécurité, malgré le livre que je lis, pour ne pas sursauter, quand j'entends sa voix m'appeler. Je remets le marque-page à cet endroit, sans m'inquiéter de savoir où je suis, je reprendrai au début du chapitre.

 

- Lucia ?

- Hmm ?

- Est-ce que je suis obligé de parler de tous ?

 

Je pose mon livre et me lève pour aller lui faire face. Devant lui, je lui tiens les épaules, avec douceur.

 

- Théo, je sais que ça va être dur, mais on ne va pas t'obliger à parler de tout en une seule fois. Nous savons à quel point cela a dû être difficile, ce que tu as vécu a été horrible, et nous ne le ferions pas, si ce n'était pas nécessaire.

- ...

 

Je le vois ravaler ses larmes, avant de me serrer dans ses bras. Je referme les miens sur son petit corps, devenu trop grand, trop vite. Je lui laisse le temps, de verser quelques larmes, pour relâcher un peu la pression. Je n'imagine pas, à quel point c'est dur pour lui. Quand il est enfin prêt, j'utilise la magie de l'organisation, pour générer un portail. Pour être parfaitement exacte, c'est un portail permanent, il est seulement fermé la plupart du temps. L'avantage de ce moyen, c'est que nous avons aucune excuse pour être en retard, et on évite de se mêler aux gens dans les transports. L'inconvénient, on devient vite fainéant et si nous ne faisions pas de sport à côté, il serait plus difficile de garder la ligne. C'est vrai que beaucoup viennent à pied, mais vivre dans Paris, non merci, je préfère la banlieue. Assez proche de la capital, mais assez éloigné pour ne pas être dérangé par elle. Ainsi, donc, j'utilise l'artefact, relié à mon portail, pour nous faire rejoindre l'organisation.

Arrivée dans le hall principal, nous nous dirigeons vers mon service, au dernier étage.

 

- Lucia ?

- Oui ?

- Tu pourras me faire visiter un jour ?

- Bien sûr, si je n'ai pas trop de boulot, on fera ça tout à l'heure.

 

Enfin un sourire, j'ai l'impression que je vais devoir faire cette visite, car si ça peut lui faire plaisir, on pourra avoir plus facilement son témoignage. Quand nous passons les portes du service, des grands anciens, je vois une paire d'yeux verts se poser sur moi. C'est celle de mon responsable, qui passe de moi à Théo et inversement. Il ne dira rien, mais je le connais assez, pour savoir qu'il s'inquiète pour le gamin et moi. Je remarque qu'il est seul au bureau, ce que je trouve étrange. J'avance dans la pièce, allant vers le bureau de Matthieu pour pouvoir entamer une conversation. 

 

- Salut Mat, les autres ne sont pas là ?

- Salut vous deux, non pas encore. Vous voulez boire quelque chose ?

- Pour moi, ça ira. Et toi Théo ?

- Non merci.

 

Je montre mon bureau à Théo, pour qu'il aille s'y installer, le temps que j'échange avec Mat. J'ai besoin de savoir où nous en sommes avec nos affaires.

 

- Alors, il y a quoi en ce moment ?

- Pas grand chose, Damien et Diane sont en mission de reconnaissance, mais ce n'est même pas sûr que ça soit notre département. Et puis on attend toujours la déposition du petit. D'ailleurs, il s'en sort comment ?

- Pas trop mal, si on prend en compte les événements.

- Tu penses qu'il est prêt à parler ?

- Pas vraiment, du moins pas tout.

- Je vois. Et toi ?

- J'ai pas envie de parler de ça, Mat.

- Je sais, mais je m'inquiète pour toi. Nous sommes déjà en sous-effectif et... Et je tiens à toi.

- Je le sais.

Ce soir-là, je regrette d'avoir eu un élan de faiblesse. Je n'aurais vraiment pas dû venir me perdre dans ses bras, mais en même temps, j'en avais tellement besoin. Si encore, nous étions restés comme avant tout serait plus simple.

- Mat, Théo m'a demandé de lui faire visiter.

- Si ça peut le faire parler, je n'en vois pas d'inconvénient.

Je me retourne, prête à partir en visite, mais je finis par faire de nouveau face à mon ex malgré moi. Je plonge dans le regard de l'homme que j'ai aimé, et que j'aime toujours, je crois.

- Matthieu, je sais que tu t'inquiètes vraiment pour moi, mais je vais bien. Je ne vais pas te lâcher, ni faire de conneries. Donc arrête de t'inquiéter pour moi, d'accord. Faisons notre boulot et ça ira très bien.

Pour seule réponse, il hoche la tête, mais je sais que je l'ai blessé, mais si c'est le seul moyen pour lui de comprendre, je n'hésiterait pas. Nous ne sommes pas obligés d'être deux à souffrir.

- Théo ? On va faire la visite ?

- Oui !

En un éclair, il est déjà debout, débordant d'enthousiasme. Je suis contente, car il ne mérite pas d'être triste, contrairement à moi.  

Chapitre 2

Je débute notre visite, en me dirigeant vers la cafétéria. Sur le chemin, je commence à lui expliquer comment fonctionne l'organisation. Bien que nous soyons pour la plupart compétents pour chaque service, chacun gère son domaine. Il serait important de lui expliquer le fonctionnement de chaque service, dans les détails, mais j'ai peur de lui donner un peu trop d'information.

 

- Tu peux m'expliquer plus en profondeur ?

 

- Si tu veux. Tu veux te poser à la cafet ?

 

- Oui.

 

Une fois installés et de quoi nous restaurer, je vais pour lui expliquer plus en profondeur, mais il me devance.

 

- Je veux intégrer votre équipe.

 

- C'est pas si facile, ...

 

- Je m'en fiche !

 

- ...

 

- Je ne changerais pas d'avis.

 

- Très bien, je vais t'expliquer comment nous rejoindre. Tout d'abord, tu vas devoir retourner à l'école normale, car tu as perdu trop d'années dans la cabane, il faut que tu rattrapes ton retard. Rajoutais-je, voyant sa tête.

 

- Aussi, tu vas avoir des cours exclusivement pour l'organisation. Par la suite, tu dois faire une période d'essai dans chaque service, passer un examen, et ensuite, tu dois faire au minimum 1 an, dans l'un des services, avant de venir faire une formation dans notre service, repasser un examen et ensuite, tu es intégré.

 

- ...

 

- Toujours partant ?

 

- ...

 

- C'est bien ce que je pensais.

 

- C'est pas ça ! Je veux aider, je veux comprendre ce qui m'est arrivé et surtout, je veux empêcher ce qui m'est arrivé à quelqu'un d'autre.

 

- Tu sais, nous sommes tous passés par là. Si tu choisis cette voix, ça sera très dur et long, mais on sera là pour t'aider. Aussi, je veux que tu le saches, mais notre service est le plus meurtrier, on perd souvent les gens qu'on aime.

 

- J'ai déjà tout perdu. 

 

Je baisse les yeux, me perdant dans mon café, à moitié refroidi. Quand je dis que c'est le plus meurtrier, je ne mens pas. Depuis que je suis arrivé, je ne compte plus les gens qui nous ont quittés, et pas que dans notre service. Il y a des fois, où je suis las de tout cela, j'ai la possibilité de tout arrêter, de prendre ma retraite, enfin d'aller me trouver un job ailleurs, mais je sais que je n'y arriverais pas. D'ailleurs, je ne connais personnes qui aient fait ce choix. Ceux qui sont partis, c'étaient toujours les pieds en premier. Parfois, je me demande quand sera mon tour. Néanmoins, même si ce que nous faisons n'empêche pas les grands anciens de prospérer, au moins on limite les dégâts, du moins on essaient.

 

Je comprends Théo, avec ce qu'il a vécu, il est tombé la tête première dans, ce chaos et une fois qu'on connaît ce monde, il est impossible de s'en détacher. Puis au-delà du boulot, je me suis vraiment attaché aux gens qui y travail, nous devenons malgré nous, comme une famille. Merde, je ne peux pas m'empêcher de penser à elle, mais je dois ravaler mes larmes pour le moment. Je prendrais le temps de la pleurer ce soir, quand je serais seule. Si je continue de ressasser, je ne vais pas tenir la journée, alors je relève les yeux sur Théo pour savoir si continuons.

 

- On y va ?

 

- Oui !

 

Je souris, j'aime bien l'enthousiasme du gamin, qui cherche immédiatement à le cacher, car trop gêné, mais la rougeur sur ses joues, m'indique que j'ai raison. Le fait d'être en mouvement, et de parler avec Théo de nos services, me fait penser à autre chose que ce qui me prend la tête et je dois dire que même si je sais que ce n'est pas la bonne solution, je le fais quand même.

 

Je dois oublier mes histoires pour me concentrer sur le gamin. Je continue de l'observer, par chance, cette visite va le détendre et moi également. Je me dirige immédiatement, par le plus barbant à mon sens, bien qu'il soit vital à notre organisation. Direction les sous-sols, pour cela, nous empruntons l'ascenseur.

 

- Tu vas découvrir la salle où tous les rapports de nos enquêtes ont été entreposés.

 

- Vous voulez dire... Sur papier ?

 

- Oui, mais ils sont aussi numérisés, bien que tu ne pourrais pas y accéder.

 

- ...

 

- Bah quoi, il faut un accès, même moi, je n'ai pas accès à tout. Tu verras avec Anthony. Il n'est pas méchant, juste un peu... Comment dire ça ... froid.

 

- On est obligé d'y aller ?

 

- Tu veux bosser ici un jour ?

 

- Oui ?

 

- Alors, oui, c'est obligatoire.

 

Les portes de l'ascenseur s'ouvrent, et l'odeur de la salle des archives me prend au nez immédiatement. Comment il fait pour travailler là-dedans ? Enfin, je ne vais pas juger, chacun ses goûts. Après, une fois qu'on est dedans, on doit être habitué. 

 

La salle est bien rangée, mais on peut y sentir le renfermé et celui du papier. Alors que nous pénétrons dans la salle, je vois une tête se relever de derrière une pile de feuilles, sur son bureau.

 

- Lucia ? Bonjour ?

 

- Bonjour Anthony. Je te présente Théo.

 

- Salut.

 

Théo fit un signe de la main, en le saluant.

 

- Il aimerait travailler avec nous, à l'avenir.

 

- Il n'est pas un peu jeune ?

 

J'entends la voix de Théo qui chuchote en se tournant légèrement pour pas qu'Anthony puisse l'entendre.

 

- Il est là et je ne suis pas si jeune.

 

Le pauvre, il doit être contrarié d'être ignoré de la sorte.

 

- Oui Théo ?

 

Après, même si semble un peu tête en l'air, Anthony l'a entendu, c'est ça de vivre la majorité du temps dans un silence quasi-religieux.

 

- Non rien.

 

Nous nous rapprochons du bureau.

 

- Ce que tu dois savoir, c'est que nous conservons tout. Cela nous permet de retourner sur une affaire au besoin, d'avoir des informations, etc. Anthony pourra mieux t'en parler.

 

- Oui, ici, les agents font leurs rapports, enfin les envois. Plus personne n'écrit à la main. Puis, pour chaque affaires nous avons des dossiers. Si tu as besoin d'un dossier en particulier, il faudra me le demander, car comme tu peux voir la salle est immense. Tu peux l'avoir aussi sur l'ordinateur, mais il faudra que je te donne l'accès, enfin si tu réussis à intégrer l'organisation.

 

- Anthony, le sous-estime pas.

 

- Je n'ai toujours pas ton rapport d'ailleurs, Lucia.

 

- J'attends que Théo me parle de son histoire.

 

- Tu exagères, tu pourrais faire ton rapport sans cela.

 

- Tu aimes trop les rapports.

 

- J'aime quand c'est ordonné.

 

- Tu veux continuer d'expliquer. 

 

- Dans les dossiers, tu trouveras l'histoire de l'affaire, des agents qui sont intervenus, des objets qui ont pu être récupérés ou utilisés. Il y a également le rapport de chaque agent, sur l'affaire, et des témoignages, si bien sûr, il y en a. En fonction des affaires, il y a des choses qui diffèrent d'une affaire à une autre.

 

- Les dossiers comment ils sont rangés ? Par années ? Par services ?

 

- Par affaires.

 

- Tu sais que tu es le seul à comprendre ce système.

 

- Justement, comme ça, personne ne vient mettre la pagaille dans mes archives.

 

Il n'a pas tort, je connais notre potentiel pour en foutre partout, si on comprendrait son système, on serait capable de descendre, regarder, et même ne pas ranger.

 

- Je dis juste, que le jour où tu seras plus là, on sera bien dans la merde.

 

- Ton langage.

 

- Oui, pardon Monsieur.

 

- Si vous n'avez pas d'autres questions, vous pouvez vous en aller, j'ai du travail.

 

- Ok, on te laisse. À plus tard.

 

- Oui, c'est ça, à plus tard.

 

Théo, fait juste un signe de la main et j'entends Anthony parler dans sa barbe. Il ne doit pas aimer ce manque de politesse du plus jeune, moi ça me fait rigoler intérieurement.

 

Quand les portes se referme sur les archives, j'entends le gamin, pousser un soupir de soulagement.

 

- Enfin, qu'est-ce que ça pue !

 

- Ahahahah ... Je ne te le fais pas dire !

 

Nous nous regardons, tous les deux le sourire aux lèvres avant de partir dans un fou rire. Quand les portes s'ouvrent sur le 1er étage, nous n'avons pas encore terminé.

 

Heureusement pour nous, personne n'est dans le couloir, car même si on se connaît tous ici, je n'ai pas envie d'expliquer notre hilarité. Après nous être calmés, je lui montre les différents services.

 

- On est obligés d'aller tous les voir, enfin, tu sais les gens ?

 

- Pour le moment, non. On le fera au fur et à mesure.

 

- Merci.

 

Je ne dis rien, mais je le comprends faire face à tous ces gens, ça demande beaucoup d'énergie. Il aura l'occasion de les rencontrer au fur et à mesure, surtout s'il reste avec nous. 

 

- Je vais tout de même t'expliquer rapidement les services.

 

- Oui, je veux bien.

 

À chaque fois, je lui montre le service et fait un rapide descriptif.

 

- Là, tu as le service des créatures magiques, elles sont plutôt discrètes, mais il arrive parfois qu'une créature fasse de la merde et c'est ce service qui s'en occupe. Ici, c'est le service des artefacts magiques.

 

- Comme la boule ?

 

- Oui et non, la boule comme tu dis, étais chargée de la magie des grands anciens, et ils ne sont pas habilités pour s'en occuper. Après des objets magiques, ou de la technologie qui ne fait pas partie de notre monde, c'est dans leurs cordes. Là, c'est l'équipe qui gère les portails et dimensions, super intéressant, mais il faut de sacrés connaissances. Et pour finir, l'administration de manière générale.

 

- Pourquoi vous n'êtes pas au même étage ?

 

- Pour des raisons de sécurité. De par notre exposition avec des êtres qui peuvent mener à la folie, nous préférons êtres séparés. Et d'ailleurs, eux aussi.

 

- C'est pas difficile ?

 

- Pas vraiment, on s'y habitue.

 

Théo semble se poser des questions sur l'administration, au vu de son regard insistant vers la porte qui nous sépare de l'équipe.

 

- Tu veux y jeter un œil ?

 

- Non !

 

- Alors quoi ?

 

- Ils font quoi exactement ?

 

- Ce sont eux qui gèrent les équipes, qui nous trouvent des financements, nous aide à trouver des hôtels... Enfin, c'est la RH et tout ce qui va avec, compta par exemple.

 

- Je serais obligé de faire un stage chez eux ?

 

- Ahahahah, j'aimerais te dire que non, mais si tu devras y passer.

 

- Merde.

 

- Jeune homme ?

 

Nous nous retournons tous les deux, en entendant cette voix, bien que je sache de qui il s'agit.

 

- Monsieur le Directeur.

 

- Mlle Monetti.

 

- Je vous présente, le jeune homme que j'ai récupéré en Allemagne, Théo Keller. 

 

- Enchanté, jeune homme.

 

- Bonjour.

 

Il prend la main que le directeur lui sert, avec appréhension. Je l'entends s'exprimer avec une pointe de peur, dans la voix.

 

- Je suis désolé, je voulais pas ...

 

- Ne vous en faite pas Mr Keller, tout le monde sait que l'administration est moins « fun » comme on dirait de nos jours. Mais malheureusement, c'est nécessaire.

 

- Oui.

 

Le pauvre, je le vois complètement perdu et fini par intervenir.

 

- Je lui montre les différents services, car il veut nous rejoindre et je suis sûr qu'il pourra faire un bon agent.

 

- Si c'est vous qui le recommande, je n'en vois pas d'inconvénient. Alors bienvenu jeune homme, je vous observerais de loin.

 

Sur ceux, il repartit, mais en direction de la direction cette fois-ci.

 

- Il n'est pas méchant, c'est même un bon directeur.

 

- Je crois que depuis...

 

Il a les larmes aux yeux, mais je me rapproche de lui et lui prends les mains.

 

- Si tu veux pleurer, tu peux et on peut aussi se mettre à l'écart, si tu en ressens le besoin.

 

Il ne dit pas un mot, avant de m'enlacer et de pleurer à chaudes larmes contre moi. 

Chapitre 3

Je lui laisse le temps qu'il lui faut, avant de retourner dans notre service. Par chance, personne n'est venu nous voir. Et tandis que nous reprenons le chemin du retour, je l'observe à la dérobée. Je vois à la tête du gamin, que cette crise de larmes l'a éreinté et je pense qu'il va me demander de rentrer, mais ce n'est pas le cas àma grande surprise.

 

- Je dois tout écrire ?

- Comment ça ? Tu as le droit pour le moment de garder des choses pour toi.

- Non, je veux dire, ça va être long à écrire.

- Tu sais, on peut aussi t'enregistrer, ça ira plus vite, après, j'ai juste à écrire le rapport.

- On peut faire ça comme ça ?

- Bien entendu.

 

Nous arrivons et je vois la tête de Mat se relever, avant de me regarder avec appréhension. Aussitôt, je le vois inquiet quand il remarque les yeux rougi de Théo, mais il s'abstint de commentaires, il est assez intelligent pour comprendre que ce n'est pas le moment. Vu que j'ai dit à Théo, qu'il pouvait s'enregistrer, je dois remettre la main sur le dictaphone. Peut-être que Matthieu, va savoir où il est.

 

- On a toujours le dictaphone ?

- Dans le casier.

- Merci.

- De rien.

 

Je vais le chercher dans nos vestiaires privés. Je dois tout de même un peu chercher avant de pouvoir mettre la main dessus. Après, je suis contente, car j'aurais pensé que cette chasse au dictaphone aurait duré plus longtemps que cela. En possession du dit objet, je retourne dans notre salle principale, où se trouvent tous nos bureaux. Je passe le dictaphone à Théo et lui explique son fonctionnement. J'ai l'intuition qu'il voudra s'enregistrer seul, ce qui est parfaitement compréhensible. Il me fait confiance et il sait que je devrais écouter son rapport, mais je sais aussi par expérience, qu'il est très difficile de parler devant une autre personne. D'ailleurs, quand il comprend que je vais le laisser s'enregistrer seul, son regard me remercie déjà.

 

- Reviens quand tu auras fini et tu peux prendre tout ton temps. Et même si tu arrives pas à dire un mot que tu butes dessus, ne t'en fais pas. Tu ne seras pas noté.

 

Il me sourit et j'en fais de même, avant de lui dire de se mettre dans la salle de réunion. Pour ma part, je vais rejoindre Matthieu, et fini par me poser contre son bureau, de façon nonchalante.

 

- Lucia ?

- Matthieu.

 

J'aime bien le provoquer, surtout depuis notre rupture. Il me regarde et je vois qu'il ne sait plus sur quel pied danser.

 

- Théo va parler.

- J'ai vu.

- Ça n'a pas l'air de te plaire.

- Ne pense pas ça, au contraire ça me fait plaisir, mais...

- Mais ?

- Non oublie.

 

Je m'éloigne, car je sens déjà que le sujet va revenir, si j'insiste. Il veut que moi aussi, je parle de ce qui s'est passé à mon avant-dernière mission. Bien entendu, j'avais fait mon rapport, mais sans aucune émotion. Mat, lui ce qu'il veut, c'est que je puisse commencer à faire mon deuil. Je comprends, mais je m'y refuse, tout est de ma faute, je n'ai pas le droit d'être en paix.

Alors, je continue de m'éloigner, pour qu'il passe à autre chose, comme à son habitude et pourtant, à ma grande surprise, il relance, d'ordinaire, il serait retourné à son travail et fin de discussion, mais pas cette fois. Se levant, il me prend le poignet, pour faire volte-face, avant de me coller à son bureau. Cela me rappelle quand nous étions ensemble, dans cette situation, je l'aurais embrassé, avant d'enrouler mes jambes autour de sa taille, mais à son regard, je me doute que ce soit tout sauf cela. Il veut me confronter, sans me laisser la possibilité de m'enfuir.

 

- Mat laisse moi partir.

- Non. Luci, je te connais, ça ne va pas, depuis la mort de Sa...

- NON ! Arrête, ne dis pas son nom.

Je sens déjà monter les larmes, mais je n'ai pas le droit de pleurer.

- Luci, ce n'était pas de ta faute, tu n'aurais rien pu y faire.

- C'est faux, j'aurais dû le voir, si j'avais vu plutôt...

- Avec des si on refait le monde, ma belle.

 

Malgré mes efforts, une larme s'échappe et coule le long de ma joue, que Matthieu essuie du bout de son doigt.

 

- Mat, pourquoi elle et pas moi ?

 

J'avais dit cela en agrippant sa chemise, comme si j'allais le soulever de terre, mais très vite, je lâche prise, quand pour seul réponse, il me sert contre lui. Je sais bien qu'il préfère qu'elle soit morte et pas moi. Ses bras réconfortants ont raison de ma retenue et je finis par à mon tour pleurer. Nous avons beau ne plus être ensemble, je me sens toujours autant en sécurité dans ses bras. Néanmoins, tout cela ne dure pas, car j'arrive à me ressaisir assez rapidement.

 

- Je t'ai pris rendez-vous chez la psy, demain.

- Mat.

- Il n'y a pas de Mat qui tienne. Tu as besoin d'en parler et je sais qu'avec moi ce n'est pas pareil.

- Reste avec moi cette nuit.

- Lucia...

- Je veux penser à autre chose.

- Ce n'est pas en couchant ensemble que tu passeras à autre chose.

- Ça ne t'a pas dérangé, après mon retour.

 

Cette fois-ci, il s'éloigne de moi, mais c'est à mon tour, de rester planté là.

 

- Lucia...

- ...

 

Il finit par me regarder, et plonge sur mes lèvres pour les embrasser, me collant contre son bureau de nouveau, sentant son désir pour moi, naître sous ses vêtements. Durant un instant, je le sens lâcher prise, avant de se ressaisir, collant son front au mien un instant, avant de se reculer. J'aurais aimé qu'il perde totalement pied, c'était plus simple comme cela.

 

- Luci, tu sais que je serais toujours là pour toi, mais pas comme ça.

- Tu ne pourrais pas mettre ta morale de côté pour une fois.

- Tu m'emmerdes, tu le sais ça.

- Désolé...

- Lucia, tu sais que je t'aime, que je regrette de t'avoir quitté, mais je ne veux pas tout mélanger.

- Je sais...

 

Par contre, c'est moi qui suis en train de tout mélanger. Je finis par m'asseoir sur le sol, après m'être laissé tomber en douceur à l'aide du bureau.

 

- Mat, je merde en ce moment.

 

C'est peu de dire, je n'arrive plus à avoir les idées claires. Je le sens s'agenouiller devant moi, puis de me prendre les mains, pour me forcer à le regarder.

 

- Ce soir, je veux bien rester, mais pas de sexe. C'est juste pour te réconforter.

- Ça marche.

 

C'était mieux que rien, car avec Théo, je garde pied, mais aujourd'hui, c'est particulièrement compliqué. Si encore nous avions l'équipe au complet, je pourrais m'occuper autrement. Surtout que je ne peux pas faire peser sur les épaules de Théo, ma souffrance, alors que Mat, je sais qu'il pourrait encaisser. Aujourd'hui, j'ai cruellement besoin d'être réconforté.

Chapitre 4

Il est temps de rentrer, et bien que Théo n'ait pas fini, de faire son rapport, il me promet de poursuivre dès demain. D'un côté, je vois qu'il est heureux de rentrer, ça se voyait à son visage, mais devient plus sombre quand je lui apprends que nous serons trois ce soir. Je pense que Théo, veut me garder pour lui tout seul, et en soit cela se comprends. Il a perdu sa mère et ensuite quelques mois après son père. Il a besoin d'être rassuré, qu'on ne s'occupe que de lui, mais je dois avouer que là, c'est moi qui ai besoin d'être réconforté.

Je n'aime pas comment Théo, parfois, se montre possessif, mais je sais également, que ce n'est pas de sa faute et qu'il lui faudra du temps, avant que tout cela se guérisse chez lui. J'ai pris cette responsabilité, je dois maintenant y faire face, même si j'admets que sa présence me fait du bien.

La soirée a débuté par un jeune homme taciturne, mais très vite, Matthieu a réussi à détendre l'atmosphère. Il faut dire que Théo ne le connaît pas du tout, mais entre manger de la pizza et faire des parties de jeux vidéo, cela a aidé à décoincer notre gamin. Minuit était depuis longtemps passé, et je remarque Théo à moitié endormi, sur le canapé. Je finis, par l'aider à se relever, pour le raccompagner jusqu'à sa chambre.

Revenant au salon, je regarde Math ranger.

 

- J'aurais pu faire ça demain.

- Tu rigoles, ça ne me prend même pas 2 minutes et je peux bien faire ça.

 

Je me rapproche de lui et tandis qu'il lave le peu de vaisselle que nous avons utilisée, je me plaque contre son dos, pour le serrer dans mes bras. Durant un instant, je le sens se raidir, mais repris très vite ce qu'il faisait. J'en profite pour fermer les yeux, et m'imprégner de son odeur. J'entends l'eau s'arrêter, et il attend que je me détache de lui, mais c'est peine perdue. Après, c'était sans compter, sur sa dextérité, à se retourner, sans que je le lâche. J'aurais pu agripper sa chemise, pour l'obliger à rester comme cela, mais je sais que c'est peine perdue. Il prend mon visage entre ses mains, pour m'obliger à le regarder.

 

- Tu n'es pas comme ça d'habitude. Je sais que ça ne va pas, mais ça ne te ressemble pas.

 

Je suis vexé et le lâche, pour aller vers ma chambre. Quel crétin, je voulais juste, qu'il me prenne dans ses bras, mais sa remarque a fait mal.

 

- Merde.

 

Je l'entends se précipiter vers moi, pour me retourner et me serrer fort dans ses bras, alors que mes larmes coulent abondamment sur mon visage. C'est à cet instant, que je craque, je ne hurle pas, car je n'ai pas envie de réveiller Théo, mais je sais que Math peut entendre dans ma voix, la douleur et les hurlements étouffés.

 

- C'est moi qui lui ai dit de faire l'autopsie. Moi qui n'ai pas été avec elle, je suis allé dormir. Pourquoi Math, pourquoi il a fallu que j'aille dormir ! J'ai envie d'y retourner, pour échanger nos places, moi, je n'ai pas d'enfant, alors que Miah est orpheline maintenant.

 

Je le sens me serrer plus fort.

 

- Et depuis que tu m'as quitté, tu continues d'agir de façon si gentille, si mignonne, j'arrive pas à tourner la page, alors que ça fait 3 ans. J'ai besoin que tu te décides Matthieu, car là, je suis totalement perdu.

 

J'arrive pas à en dire plus, continuant de chouiner à moitié, alors que je sens le sommeil m'envahir.

 

- Je vais aller me mettre dans mon lit.

 

Comme à son habitude, il ne dit rien, mais m'aide à aller à ma chambre. Je continue de pleurer, même si je suis un peu plus calme. En douceur, il m'aide à me mettre dans une tenue plus confortable, mais il n'y a aucune gêne, au contraire. Une fois allongée, je le sens se mettre aussi un peu plus à l'aise, bien qu'il n'a rien pour dormir. Puis, il vient se glisser sous les draps, alors que je plonge dans les bras de Morphée. Avant de m'endormir, je le sens me prendre dans ses bras alors qu'il commence à sangloter légèrement, j'aimerais le prendre dans mes bras également, mais je suis déjà enfoncé dans le sommeil.

 

*

 

Voir la femme que j'aime souffrir de la sorte, me fait tellement mal, surtout quand je sais que je suis responsable d'une partie de cette souffrance. Je voudrais la garder pour moi, vivre avec elle, mais je suis son chef. Je ne veux pas que mes sentiments interfèrent avec les enquêtes, je ne veux pas qu'elle me rende des comptes, si elle doit utiliser des subterfuges comme la séduction et puis, ceux au-dessus de nous ne voient pas d'un bon œil, notre relation, alors tout cela réuni me fait dire que j'ai pris la bonne décision.

Je m'allonge à ses côtés et viens la prendre dans mes bras, tandis que je me mets à pleurer à mon tour. Elle ne se réveille pas, mais quel bonheur de la sentir contre moi, si paisible. À mon tour, je me calme, alors que j'enfouis mon nez dans ses cheveux, pour garder son odeur.

Après, je suis un hypocrite, je suis amoureux d'elle depuis le premier jour, en ayant parfaitement conscience de ce qu'elle est, bien qu'elle ne soit pas encore vraiment éveillée. Quand je suis passé chef, on m'a demandé d'arrêter notre relation, car « Je devait me faire obéir » m'ont, ils dit à l'époque. Et bien que je pense avoir pris la bonne décision, je n'arrête pas de la regretter.

J'avais oublié que ses cheveux étaient si doux, que son parfum est si délicat. Quand elle avait frappé chez moi, après la mort de Sarah, j'avais craqué à sa demande et nous avions fini par coucher ensemble. Aujourd'hui, je peine à la garder loin de moi, c'était beaucoup plus simple, avant, car je peine encore plus à garder mes distances maintenant.

C'était si simple, quand nous étions encore des adolescents, enfin, je me rappelle avoir pris mon temps pour me déclarer, d'avoir eu peur qu'elle me mette un râteau, mais ça n'avais pas été le cas. J'avais passé des années merveilleuses, et même au début où nous étions ici à étudier, pour rejoindre cette équipe. Tout était parfait, jusqu'à que je sois catapulté au rang de responsable.

Aujourd'hui, je me sens vieux, et désabusé. Je voudrais juste vivre ma vie comme avant, sans prise de tête, mais en même temps, je ne peux pas quitter ce boulot. Rendre ma place de chef est parfois tentant, mais je ne peux pas donner cette responsabilité à quelqu'un d'autre.

C'est sûr ces pensées que je finit par m'endormir.

 

*

 

Quand je me réveille, je sais que je ne suis pas seule dans mon lit. J'ouvre les yeux, sur lui, et je me sens si apaisé, avant de réaliser que nous ne sommes pas ensemble. Crétin de chef !

Je me lève et vais en direction de la douche, pour commencer la journée dans de bonnes conditions. Je ne m'attarde pourtant pas longtemps sous le jet d'eau. Je m'attendais à ne plus le voir dans le lit, en sortant de la douche, mais il n'a pas bougé. Je me rapproche de lui, m'assois sur le lit, et il se retourne, pour me regarder dans les yeux.

 

- Lucia, je...

 

Il hésite, je sais qu'en lui, c'est également une tempête émotionnelle, mais j'aimerais qu'il me donne la véritable raison de notre rupture. Car c'est presque évident, que cette décision n'est pas de lui.

 

- Je ...

- J'aim ...

 

Nous nous mettons à rire, voyant qu'on avait parlés en même temps. Ilse relève, quand nous avons fini de rire. Il me sourit tendrement, alors qu'il plonge son regard dans le mien. Mon cœur s'affole et c'est finalement lui, qui parle en premier.

 

- Tu aimes ?

- J'aimerais que tu me dises, pourquoi tu m'as quitté ?

- Lucia.

- Mat, je peux l'entendre, on se connaît depuis longtemps, tu as été mon ami, puis on s'est mis ensemble et aujourd'hui, tu es mon boss, je commence à te connaître. Avant, je ne voulais pas te poser de questions, car je sais que tu as tendance à te fermer. Mais, ces derniers temps, tu te rapproches de plus en plus, alors je veux savoir.

 

Il avait durant mon monologue, prit ma main, pour entremêler nos doigts. Je remarque à son regard, que toute cette situation le pèse, bien plus qu'à moi finalement.

 

- Je t'aime Lucia, je t'ai toujours aimé et tu le sais.

- Pourquoi Mat ?

 

Il hésite, une fois encore, mais je ne lâcherais pas l'affaire et ça, il le sait parfaitement.

 

- Est-ce que c'est parce que je suis la réincarnation d'un genre d'entité lointaine ? Ou...

- Bien sûr que non Luci, sinon j'aurais jamais essayé de sortir avec toi.

- Alors quoi Matthieu ?

- ...

- Tu veux jouer à ça ?

- Je ne joue pas !

- Alors quoi ? Dit moi Mat ? Car je te vois aussi souffrir autant que moi de la situation.

- J'ai pas eu le choix... Ils ne voulaient pas qu'on soit ensemble. C'était soit notre couple, soit l'organisation.

 

Pour seule réponse, je plonge sur ses lèvres, le faisant tomber sur le lit, alors qu'il répond à mon baiser avec autant d'ardeur que moi. Je sens ses mains, caresser mon corps, retirant ma serviette. Je suis entièrement nu, mais c'est à cet instant que j'entendis Théo frapper à ma porte et dire d'une petite voix.

 

- J'ai préparé le petit-déjeuner.

- Okay, laisse nous le temps, on arrive !

 

Je l'entends repartir et Mat en avait profité pour enlever ses mains.

 

- Il faut y aller, Luci.

- D'accord, mais cette conversation, n'est pas fini.

 

Il rigole avant d'ajouter.

 

- Avec toi, je n'en ai aucun doute.

 

Mais avant d'aller rejoindre Théo, je me mets à califourchon sur Mat.

 

- Tu veux vraiment faire ça ?

- J'en ai terriblement envie.

 

Je le vois en plein dilemme intérieur, avant que ses mains ne viennent se reposer sur mon corps. 

Chapitre 5

Après cette petite soirée salvatrice, une pause dans cette folie, la réalité revient à nous, quand Mat reçoit un appel. Je le regarde s'éloigner, pour avoir un peu de tranquillité, et surtout de ne pas nous déranger.

 

- Tu t'es remise avec ?

- Oui.

- Ok.

- Va au bout.

- Ne t'inquiète pas, j'ai bien compris que tu ne voulais pas que je reste.

- Mais non, Théo, tu es comme un petit frère, tu passes en priorité, pour le moment, mais je veux aussi être heureuse, tu sais.

- Je n'avais pas vu ça comme ça. Tu ne m'oublies pas, hein ?

- Bien sûr que non, idiot.

 

C'est à cet instant que Mat revient, me regardant immédiatement, mais je ne décèle rien de grave dans son regard.

 

- Diane et Damien rentrent aujourd'hui. On devrait aller au bureau avec Théo et toi directement la psy.

- Je suis obligée.

- Oui.

- S'y, je n'ai pas le choix.

 

Je suis contente de savoir que mes collègues rentrent, mais d'aller voir la psy beaucoup moins.

 

*

 

Jambes croisées, mes doigts tapotent n'importe quelle surface, qui démontre mon stress et j'en ai bien conscience. D'ordinaire, je sais très bien le caché, mais à quoi ça sert avec une psychologue, ce n'est pas comme quand je suis sur le terrain, où je pourrais me mettre en position de faiblesse devant des suspects.

 

Elle me regarde et remarque également mes tapotements, mais ne dit rien, pourtant, je la vois écrire dans son cahier.

 

- Écoutez, j'arriverais pas à parler.

- Vous savez Lucia, vous n'avez pas à vous justifier.

 

Silence.

 

- Vous devez faire votre deuil, pour bien faire votre travail et aller mieux. Pour le moment, vous arrivez à gérer, mais plus le temps va passer, plus vous allez avoir du mal.

- Pour le moment, comme vous le dites, je gère, ne vous inquiétez pas.

- Justement, votre chef s'inquiète pour vous.

- Il s'inquiéterait si j'avais un ongle incarné.

- Peut-être. Mais Lucia, ce que vous avez vécu est traumatisant, pourtant, je le sais que vous êtes un bon agent. 

- Vous parlez, un bon agent ?

 

Je m'étais levé, commençant à marcher en long et large du bureau.

 

- Je l'ai laissé mourir !

- Pourquoi vous pensez cela ?

 

Nous y voilà, j'avais dit ce qu'il ne fallait pas dire, si j'avais voulu garder le silence.

 

- Je n'ai pas été attentive, j'aurais dû le voir.

- Sarah était tout aussi compétente que vous.

 

Je grince des dents en entendant son prénom, car il m'est devenu insupportable depuis sa mort.

 

- Si les rôles étaient inversés, il n'y aurait pas eu autant de conséquences.

- Qu'est-ce qu'il vous fait dire cela ?

- Pour commencer, je n'ai pas d'enfants. Miah est orpheline, elle a déjà grandi sans père, et la voilà sans mère maintenant. Puis Sar ... Elle était médecin légiste et nous manquons cruellement de médecin dans le service.

- Lucia, je vous connais. Vous n'êtes pas du genre sentimental, vous vous attachez rarement aux personnes du service, et à raison.

- Les gens ont tendance à mourir, donc c'est plus simple comme ça.

- Par contre, pour Matthieu, ce n'est pas le cas.

- On se connaît depuis des années, nous nous sommes rencontrés avant d'intégrer l'organisation. Il m'a connu au pire moment de ma vie.

- D'accord, mais pour Sarah. Vous étiez quoi l'une pour l'autre ? Une amie ?

 

Je prends le temps de réfléchir, j'aurais voulu lui demander ce que nous avions été, elle et moi, mais on me l'avait arraché comme tous les autres. J'avais été là après la mort du père de Miah, nous étions devenus amis, puis il y a quelques mois, un rapprochement durant une soirée, un simple baisé. Est-ce que j'en étais amoureuse ? Peut-être bien, mais de toute façon qu'est-ce que ça change maintenant ?

 

- Qu'est-ce que ça change ?

- Le deuil est plus dur, a accepté.

- Elle est plus là, c'est tout ce que je dois savoir.

 

Mes larmes commencent à couler, et je me retourne pour que la psy ne puisse pas me voir, mais elle n'est pas dupe.

 

- Vous l'aimiez ?

- Ah, qu'est-ce que ça peut vous faire ?

- Je ne vais pas dénoncer avec qui vous entretenez des relations, ou avec qui vous couchez, moi tout ce que je veux, c'est que vous alliez mieux.

- J'en sais rien, je n'ai pas vraiment eu le temps de me poser la question.

- Qu'est-ce qui s'est passé la veille de l'incident ?

 

Des images m'assaillent, de cette mission qui n'aurait dû qu'être une formalité, mais qui n'en avait pas été une finalement.

 

- Écoutez, c'est encore trop dur pour moi.

- Nous pouvons parler d'autre chose pour le moment, et en parler un autre jour, quand vous serez prête.

- Je veux bien.

 

Pour le moment, c'était mission impossible pour moi d'en parler calmement.

 

- J'ai vu que vous aviez recueilli un jeune homme.

- Oui Théo.

- Est-ce que ça se passe bien ?

- Franchement, oui. Il lui arrive parfois, d'être un peu mal et je ne sais pas trop quoi faire. Pour ma part, avec ce que j'ai vécu, je comprends qu'il ne soit pas bien, surtout en devenant orphelin, mais j'ai l'impression que de mon côté, j'ai dû traverser tout cela en partie toute seule.

- Parfois, le simple fait d'avoir une présence, peu aider la personne a avancer.

- C'est ce que j'essaie de faire, puis je dois avouer, que sa présence m'aide moi aussi.

 

Silence, alors qu'elle finit d'écrire dans son cahier.

 

- Je peux vous demander, ce que vous a dit Matthieu ?

- Rien de plus que ce que le dossier mentionnait, c'est plutôt sa gestuelle qui m'a donné plus d'informations. Il s'inquiète pour vous, je dirais qu'il est amoureux.

- Han... Vous n'inquiétez pas, je le sais très bien, puis il ne faut pas être sortie d'Harvard, pour voir que c'est réciproque.

- C'est donc vrai !

- De quoi ?

- Non rien, ce n'est pas professionnel de ma part.

- C'est fou à quel point les gens s'intéressent à mon orientation sexuelle, juste parce qu'elle n'est pas commune.

- Oui désolé.

- Peut-être un jour, je vous en parlerai plus librement, mais là, je vois l'heure, et je vais retourner au bureau si ça ne vous dérange pas.

- Non, vous avez raison. Bonne journée Lucia.

- Vous de même.

 

Je sors du bureau, et direction le service. De savoir que Damien et Diane sont rentrés me donne envie d'autant plus d'être avec eux.

 

*

 

Quand j'arrive au bureau, ce sont les rires que j'entends en premier. En entrant, je vois Théo, Mat, Diane, Damien et Miah, immédiatement en me remarquant, ils se calmèrent. Il y a encore des sursauts de fou rire, hormis la petite Miah, qui a un regard noir à l'encontre de ma personne. Je ne soutiens pas plus longtemps son regard, elle m'en veux pour ce qui s'est passé, et comment la blâmer. De toute façon, je me déteste plus, qu'elle me déteste.

 

Mes deux collègues viennent me saluer avec joie, Diane me serrant même dans ses bras. Je suis heureuse de les revoir, entre leur mission et mon état, on ne s'était pas vraiment vu depuis plusieurs semaines.

 

- J'ai appris que le petit voulait rejoindre nos rangs.

- Il faudrait déjà qu'il rattrape son retard.

 

Le regard de Théo en dit long sur ce qu'il pense de récupérer son retard, pourtant ce n'est pas négociable.

 

- Diane et Damien on ramener un objet intéressant, il pourrait être utile, je te laisserais jeter un œil dès que tu le peux.

- Très bien chef.

 

Une fraction de seconde, il tique sur le mot, mais se reprends immédiatement. Je prends Damien à part, pour qu'il m'explique ce que je dois déjà savoir.

 

*

 

C'est saoulent de le voir, si proche d'elle. Je préfère quand Lucia et moi sommes seuls, et même si Mathieu est sympa, je n'aime pas quand il est là, car Luci est différente. Après, je dois rester en bon terme, car je veux vraiment intégrer l'équipe, mais je vais essayer de montrer à Luci que ce mec n'est pas bon pour elle.

 

Pour le moment, le temps qu'elle soit chez le psy, je reste avec lui, mais je ne préfère pas lui parler. C'était sans compter sur Laura et Miah.

 

- Salut Mat, Lucia n'est pas là ?

- Non, elle est chez la psy.

- Ça ne va pas mieux ?

 

Il fit non de la tête, mais j'arrête de les écouter, car Miah vient me voir et bien qu'elle semble triste, je l'aime bien. J'ai l'impression qu'à sa manière, elle me comprend. Le seul truc qui me gêne, c'est qu'elle n'apprécie pas Lucia, car elle la tient responsable de la mort de sa mère. Nous avons convenu tous les deux que nous ne parlerions pas de Lucia quand nous sommes ensemble. C'est aussi pour ça que je ne voulais pas aller chez Sarah la veille. Car Miah à tendance à en parler quand Matthieu n'est pas là, mais elle oserait jamais faire ça devant lui.

 

- Tu vas bien ?

- Ouais et toi ?

- Ouais.

 

Après un petit silence gênant, je vais pour lui poser une question sur l'organisation, mais la porte s'ouvre, sûr deux personnes que je ne connais pas.

 

- Salut tout le monde.

- Bonjour Diane. Bonjour Damien.

- Yo boss, Laura ?

- Oui, je suis juste passé, pour demander à Matthieu, s'il peut garder Miah, le temps que j'aille à un rendez-vous.

- Ok.

 

Ce Damien nous regarde tous les deux, avant de se retourner vers Matthieu, alors que Laura vient saluer Miah, avant de partir.

 

- Lucia ?

- Chez le psy.

- Il était temps.

- Je ne te le fais pas dire.

 

Sa remarque m'énerve, mais je reste calme. On les laisse discuter entre eux, mais très vite, Diane fait une blague en nous intégrant, et nous finissons par nous rapprocher d'eux, riant et discutant, jusqu'à que Lucia ne passe les portes. 

Chapitre 6

J'étais seul avec Damien, dans la salle de réunion, et d'un coup, il redevient sérieux.

 

- Lucia, j'ai jamais vu ça, les gens devenaient dingues en le voyant. Ils auraient tué tout le monde, rien que pour avoir l'objet.

- Et vous ça va ?

- Oui, on a été obligés de le voler, sans se faire prendre. J'aurais bien voulu que tu viennes, mais je sais que c'est compliqué en ce moment.

- Ne t'inquiète pas, vous avez bien fait.

- Tu la mis dans la salle ?

- J'étais obligé, Diane et moi, étions pas à l'aise en l'ayant.

- Je vais aller le voir.

- Fait attention à toi.

- Toujours.

 

Nous retournons avec tout le monde et fait signe à Mat que je vais voir l'objet. Je remarque au regard de Théo, qu'il aimerait venir, mais je lui fais une moue pour lui signifier que ce n'est pas possible.

 

Nous avons une pièce un peu particulière, qui nous permet d'y mettre des objets, pour les étudier, en prenant le moins de danger. Malheureusement, certains se sont révélé êtres des objets qui pouvaient influencer l'environnement. C'est pourquoi, la raison de cette pièce, protéger par la magie, pour éviter tout débordement. Dès que je rentre dans cette salle, je sens l'aura de l'objet et comprends immédiatement, que ce n'est pas n'importe quoi. Pour l'heure, il est dans un tissu, ils ont vraiment pris le truc comme ça ? Il faut vraiment être taré, enfin, c'est un peu le principe de l'équipe.

 

Je décale le tissu, du bout du doigt et l'objet est assez simple à vrai dire. Une vulgaire bague, qui n'aurait même pas mérité de coûter 10 € sur un marché. Après, pas difficile de comprendre qu'une personne ait manipuler des forces qui le dépassent pour l'enfermer dans cette minuscule bague.

 

Je m'installe devant elle, la regardant avec intensité, pour focaliser mes pouvoirs exclusivement sur cette bague. La dernière chose que je veux, c'est la touchée. Elle est liée à un dieu en particulier, mais impossible pour le moment de savoir de qui il s'agit. De ma première analyse, je dirais que son pouvoir est de donner des facultés hors normes aux utilisateurs. Il faut que j'en sache plus. Je remets le tissu autour de la bague, avant de la prendre, pour la mettre dans un coffre en lieu sûr.

 

Je reviens voir le groupe.

 

- Vous avez réussi à réunir des infos sur cette bague ?

- Pas vraiment, les locaux n'étaient pas très loquaces.

- Je peux rester avec vous pour votre rapport, comme ça, je récupère les premières informations.

- Tu es de retour ?

- Si Mat n'en voit pas d'inconvénient.

- Personnellement, je trouve que c'est trop tôt, mais je ne vais pas faire la fine bouche.

 

Nous finissons par nous isoler pour travailler.

 

*

 

Je me retrouve avec les enfants et remarque, comme à son habitude, ces derniers temps, que Miah ne voit que par moi et ça me gêne, mais je fais comme si je n'avais pas remarqué, alors que Théo me regarde avec mépris, car je lui prends Lucia. Je ne pense pas qu'il soit amoureux, mais plutôt il a peur de perdre encore une personne. J'arrive à le comprendre, mais ça ne m'empêche pas d'être légèrement gêné par son hostilité.

 

Néanmoins, ils restent entre eux, et je décide de travailler sur les rapports, en attente. Pour le moment, je laisse Théo tranquille. Il doit finir le sien, mais pour l'heure, il est bien mieux avec Miah. C'est à cet instant, que je reçois un mail de la psy. Bien entendu, elle ne me raconte rien de leur entretien, à Lucia et elle, mais me donne sa conclusion. Pour elle, Lucia peut travailler, mais doit continuer son suivi. Je suis soulagé, même si le faite qu'elle doit continuer me renseigne un peu sur son état.

 

Je me souviens de les avoir envoyés ensemble. Au vu des éléments que nous avions à ce moment-là, il était évident que c'était elles les plus aptes à comprendre ce qui se passait. Par manque d'effectif, j'avais pris la décision d'envoyer les 2 meilleures.

Néanmoins, même si ma culpabilité est moins forte que celle de ma partenaire, je ne peux m'empêcher de m'en vouloir. J'aurais dû être là, pour les aider, mais il est trop tard, pour faire quoi que ce soit. J'appréciais Sarah, bien qu'elle m'avait confié être attiré par Lucia. Je lui avais dit que je ne voulais pas savoir et que s'il devait se passer un truc entre elles, je ne voulais pas que ça influence sur leur travail. Je veux que Lucia soit heureuse, et j'aurais accepté sa relation. Contrairement à la femme que j'aime, je n'arrive pas à cumuler plusieurs relations, et je suis trop jaloux, pour la partager. Elle en a conscience, et c'est pourquoi quand je repense à ce matin, je suis heureux d'être de nouveau la personne qui est en couple avec elle.

 

Enfin, je vois mon équipe revenir, et Lucia déjà en train de regarder ses notes. Immédiatement, je me perds dans le spectacle, de ses courbes, alors qu'elle est concentrée. Damien claque des doigts et je sors de ma rêverie.

 

- Tu feras attention, chef ! Tu baves.

- Arrête.

- C'est quand, que tu te remets avec elle.

 

Mon regard en dit beaucoup trop et il comprend immédiatement.

 

- Enfin ! Il aurait fallu qu'on s'en aille, pour que ça arrive.

- Mais chut !

- C'est bon Mathieu, je suis heureux pour vous.

 

Je lui souris et il comprend que je le remercie, avant de détourner le regard, vers ma belle. Je ne peux pas m'empêcher de la regarder et elle nous avait entendues, car son sourire en dit également long, sur ce qu'elle pense. La journée, continue et quand le soir arrive, Laura revient pour récupérer Miah.

 

- Vous voulez que je prenne Théo pour la soirée, pour que vous puissiez travailler ?

- Théo, ça ne te dérange pas ?

- Vous devez travailler ?

- Oui et on ne sait pas quand on aura fini.

- Ok, je dors chez Laura.

- Bonne soirée. 

- Bonne soirée.

 

*

 

Finalement, nous n'avons pas travaillé très longtemps, car Damien a autre chose en tête. Et pour dire vrai, je suis presque heureuse, car ça me permet de prendre du temps pour profiter de tout le monde.

 

- Moi, je dis, on est rentré, il faut qu'on aille boire un verre.

- Je suis partant.

- Je me demandais quand tu allais enfin le demander. 

- Ouais, une pause me fera du bien.

 

Puis direction un bar que nous aimons bien. Mat est extrêmement tactile et les deux autres, nous le font remarquer. Ils nous taquinent, alors que nous passons une agréable soirée. Je reconnais que ça me fait du bien, et surtout de voir Mathieu oublier qu'on pouvait être surveillés.

 

Nous ne buvons pas trop, car demain, nous devons travailler. À pratiquement minuit, nous rentrons chacun chez soi, sauf Mat qui est revenu chez moi.

 

*

 

À peine ai-je fermé la porte, je sens des mains m'enlacer, alors que Mat se colle à mon dos.

 

- Lucia, mon amour, tu vas bien ? 

- Oui et toi ?

- Je vais bien.

 

Je me retourne.

 

- Tu as envie de sexe ? 

- Bien entendu, mais d'abord, je veux savoir si tu as réussi à parler avec la psy ?

- En vrai, tu veux savoir ?

- Je suis curieux, mais je respecte.

- Oui, mais je n'ai pas encore tout raconté. 

- Je comprends.

 

Il m'embrasse et me colle contre la porte.

 

- Tu voudrais savoir quoi ?

- Ne t'en fais pas pour ça.

 

Il commence à s'éloigner, mais je sais que ça le tracasse.

 

- Mathieu, on ne va pas recommencer, parle moi !

- Entre Sarah et toi, il s'est passé quelque chose ?

- Durant la mission ?

- Oui, mais aussi avant ?

- Oui.

- Tu en étais amoureuse ?

- Je ne pourrais pas te dire. J'avais des sentiments, mais de là à dire que j'étais amoureuse.

- Vous avez...

- Coucher ensemble ?

- Oui ?

- Tu veux réellement savoir ?

- Je ne sais pas.

- Arrêtons de parler de ça. Allons prendre une douche et on verra après si nous sommes toujours en forme.

 

La douche avait été relaxante et m'a fait du bien, et même si nous nous sommes contenté de nous laver l'un, l'autre. À peine sécher, nous nous dirigeons vers la chambre.

 

- Sexe ou dodo ?

- Les deux. 

- En même temps ?

- Arrête.

Chapitre 7

Les jours passèrent, entre le travail et la psy, que je vois de façon un peu plus soutenue, surtout pour débuter le travail de deuil. Mathieu est retourné dormir chez lui, pour le plus grand bonheur de Théo. Par contre, le plus préoccupant, c'est cette enquête. J'ai étudié le rapport, l'objet également, mais il y a des choses qui me chagrinent. C'était assez évident de comprendre que la bague était liée à un dieu, mais je sentais seulement l'aura qui en émane, ce qui me renseigne nullement sur la divinité. En allant sur place, je pourrais trouver des indices. Néanmoins, le plus difficile à comprendre, ce sont les gens qui étaient liés à cette bague, bien souvent les objets comme ça ne s'attache qu'à une seule personne, pour le corrompre entièrement, et pas un ensemble de fidèles. À moins qu'il y ait bien un gourou, mais qu'il ne sais pas fait connaître.

 

Il faut que j'aille sur place pour comprendre exactement, de quoi il s'agit, mais ce n'était pas du goût de tout le monde.

 

- Tu n'iras pas seule.

- D'accord, mais Damien et Diane, sont grillés et toi, tu dois rester ici.

- Ils peuvent se débrouiller sans moi, n'exagèrent pas, puis emmènent quelqu'un d'un autre service. Paul peut-être ?

- Je ne vais pas impliquer un autre service, ils ont autre chose à faire.

- Lucia.

- Mathieu.

- C'est trop dangereux.

- Justement, il faut bien s'en occuper avant que ça n'empire. La bague, c'est une chose, mais je pense que sur place, c'est toujours autant la merde.

 

Je le vois réfléchir, avant qu'il reprenne.

 

- Compromis.

- Je t'écoute.

- Laisse-moi une semaine, et nous y allons tous les 2.

 

Je finis par lever les yeux au ciel, mais je sais que je n'obtiendrais pas mieux de sa part.

 

- Qui va garder Théo ?

- Laura ?

- La pauvre.

 

Je l'entends étouffer un rire.

 

- D'accord, mais que tu sois prêt ou non, je pars dans 1 semaine.

- Bien Madame.

 

Après, il avait fallu que je le dise à Théo, et il avait immédiatement fait la tête, préférant passer du temps chez Laura, pour me bouder. J'ai continué de travailler sur l'affaire, prévenu ma psy que je serais absente durant quelques jours, qui comprenait parfaitement la situation.

La veille du départ, nous avions déjà rempli la voiture, et avons passé la nuit chez moi. Théo, avait insisté pour dormir chez Laura. Je l'avais laissé, déçu de son comportement. À mon retour, je devais me faire violence pour avoir une conversation avec lui.

 

*

 

Depuis que Théo m'a prévenu que Mat et Lucia parte en mission, nous avons décidés d'en faire de même. Depuis quelques jours, nous nous sommes préparés, et le plan, c'est de faire croire que nous allons dormir chez Lucia pour Laura et inversement.

 

Nous avions pris la décision de nous cacher dans la voiture, car de source sûre, nous savions qu'ils allaient la préparer la veille du départ. Puis, dans mes affaires se trouve une montre un peu spéciale. Maman m'avait raconté, que c'était mon père qui lui avait offert. Elle permet à tous ceux qui ont porté la montre, ne serait-ce que quelques minutes, d'être invisible aussi longtemps qu'ils le désirent. La seule chose à faire pour redevenir visible était de boire un liquide, comme de l'eau. Je ne sais pas pourquoi, mais tant que ça fonctionne ça me va.

 

Nous y sommes, en place dans la voiture, alors que la nuit est déjà tombée. Théo avait réussi à choper un double des clés, que Lucia garde chez elle. Installer confortablement sur la banquette arrière, nous discutons un peu avant de dormir.

 

- Tu n'as pas peur que Lucia t'en veuille ?

- Elle m'en voudra, mais je ne veux pas qu'elle me sorte de sa vie. Et toi ?

- Comment ça moi ? Lucia et moi ce n'est pas le grand amour, donc en soit je m'en fou.

- Je ne parle pas de Lucia, mais de Mathieu.

- Pourquoi il m'en voudrait ? Il sait que je ne fais pas ça pour l'embêter, mais j'ai peur qu'il se rapproche de Lucia. Moi aussi, je n'ai pas envie qu'il m'abandonne.

- De toute façon, quand ils remarqueront notre présence, on sera déjà sur la mission.

- Ouais, je vais dormir un peu, tu me réveille tout à l'heure et on échange.

 

Il me fait signe pour confirmer, et je commence à me coucher. Nous avons convenu de cela, au cas où que quelqu'un, viendrait voir la voiture avant l'heure. En soit c'est idiot, mais je crois que j'ai trop entendu d'histoire de ma mère, quand elle était encore là, pour trouver que c'est une bonne idée.

 

Théo finit par me réveiller vers 3 h du matin après une courte nuit sans rêve et nous échangeons de place. J'ai un peu froid, mais ça m'empêche de me rendormir. D'après ce que j'ai entendu, ils vont prendre la voiture vers 7 h, ça nous fait pas beaucoup de sommeil, mais ça sera déjà ça de prit. Hors de question de nous endormir durant le voyage et de nous faire griller.

 

Alors que je regarde Théo dormir, je repense à ma mère, je ne peux pas m'empêcher de l'imaginer morte, bien que je ne l'ai pas vu. J'enrage en pensant comment son "amie" Lucia la fille si parfaite, à bien pu la laisser mourir. Cela aurait dû être elle, qui meurt, pas l'inverse. Puis, en plus d'avoir tué ma mère, elle me vole Mathieu. Après, je veux la faire payer, mais sans que Théo le sache, s'il peut penser que c'est un accident, j'aimerais bien. C'est mon ami et elle le manipule, mais quand elle sera plus là, tout sera plus simple.

 

Un peu avant 7 h, je réveille Théo, pour qu'il soit assez réveillé. Et nous profitons de la demi-heure que nous avons pour manger et boire, et même passer par les toilettes, qui se trouve dans le garage. Enfin, je mets la montre, avant de la donner à Théo qui en fait de même. Quand ils arrivent, je constate que Mathieu va conduire et je suis heureuse d'avoir le siège derrière Lucia, comme ça, je peux admirer, celui qui est tout pour moi.

 

Durant tout le trajet, ils ne parlent que de la mission, et ça me réconforte, car Théo pense qu'ils se sont remis ensemble, mais je ne pense pas que ça soit possible.

Chapitre 8

Je crois bien que ça fait longtemps que je n'ai pas passé un trajet aussi plaisant. Mat et moi avons retrouvé notre complicité de notre adolescence, chantant la moitié du voyage, sur des musiques de notre jeunesse.

 

Ce n'est qu'à la dernière partie du voyage que nous commençons à nous concentrer et à parler de la mission. Nous devons nous préparer à toute éventualité, car même si nous avons lu les rapports de nos collègues, nous ne savons pas comment cela va se passer. Nous allons jouer un jeune couple en roadtrip, ce qui ne serait pas trop difficile à interpréter.

 

Une fois dans la petite ville de Contis les Bains, nous décidons de jouer les touristes à fond, en allant à l'office du tourisme. Le temps que Mat va se renseigner, je le prends pour aller acheter de quoi manger tranquillement tous les deux ce soir « Un repas à la belle étoile », mais qui va nous permettre d'observer, si possible notre cible.

 

Quand je reviens vers la voiture, je suis à deux doigts de lâcher le sac, quand j’aperçois 2 têtes que je connais que trop bien, parler avec une femme. Oh, bordel de merde, je vais les étriper. D'un pas vif, je viens vers eux, et immédiatement cette femme, me parle avec un grand sourire.

 

- C'est mignon d'emmener ses frères et sœurs faire un voyage.

- Ce n'est pas…

- C'est ma sœur, mais pas celle de Miah.

Je lance un regard noir à Théo, tandis que la femme le regarde. Il sait que je vais l'engueuler, mais pour le moment, je fais bonne figure, il ne faut pas griller notre couverture, même si, cette dernière à changée.

- Et qu'êtes-vous venu faire dans notre charmante ville ?

- Du tourisme avant tout.

- C'est vrai qu'il y a de jolies choses dans le coin. Vous allez visiter quoi ?

- Justement, mon compagnon est allé se renseigner sur ce qui est visitable ou non. Si vous voulez bien nous excusez ?

- Oui bien sûr, bon séjour.

- Merci.

 

Elle s'éloigne et je dis assez bas, mais sur un ton ferme.

 

- Dans la voiture, tous les 2.

 

Ils montent à l'arrière et moi à l'avant, je pose une main sur la carrosserie pour que mon don se propage à tout l'habitacle. De l'extérieur, on entendra, ni verra rien, mais à l'intérieur, ce n'est pas la même chose. Par contre, je ne peux pas garder ce pouvoir en place très longtemps. Enfin petite rectification, pour ceux qui seront attentifs, ils verront 3 personnes parler de façon joyeuse ensembles, ce qui ne sera pas le cas.

 

- Luci...

- Pas un mot.

 

Je prends une grande inspiration, je ne vais pas hurler, mais l'envie ne manque pas.

 

- Qu'est-ce qui vous a pris ?

- On voulait…

- Tais-toi ! Vous ne vous rendez vraiment pas compte du danger, que vous avez pris en venant. Puis, pour nous, ça va être 2 fois plus dur de bosser correctement.

 

Je vois Mathieu revenir, et je finis par me taire, alors qu'il rentre dans la voiture. Il me regarde le sourire béat sur son visage. J'aurais presque envie de l'embrasser si je n'étais pas énervé.

 

- Quoi ? J'ai fait une connerie ?

Je lève les yeux au ciel, tout en répondant.

- Mais non. Par contre, regarde sur la banquette arrière.

Il se retourne, et je vois son sourire s'éteindre, quand il voit les deux gosses à l'arrière, qui font eux un sourire gêné. Il ne dit rien et se retourne vers moi.

- Je ne sais pas si je dois les engueuler ou les félicités.

- J'ai déjà commencé à les engueuler.

Je vois pourquoi il dit ça, être dans la voiture sans se faire prendre, surtout avec autant de temps de trajet, est un miracle. Ils feront de bons agents s'ils continuent comme ça. Mathieu commence à leur parler. Même s'il a l'air moins en colère que moi, du moins en apparence, mais je pense que le fait qu'il soit chef, l'aide à garder un genre de sang-froid.

- Vous avez conscience que nous pouvons vous renvoyer à l'organisation en ouvrant un portail ?

- Dans ce cas, pourquoi vous ne l'avez pas fait pour venir ici ?

 

Miah est dans la provocation, et Math doit la fusiller du regard, car elle baisse les yeux immédiatement. Théo, ni même elle ne savent comment ça fonctionne.

 

- Tout simplement Miah, car à l'organisation, il y a ce qu'on appelle un ancrage, ce qui nous permet de savoir où nous allons. Ici, pas d'ancrage, donc nous devons y aller par nous-même. Trouvons un endroit calme et renvoyons-les.

- J'aimerais bien, mais des gens les ont vus.

 

Je le vois qu'il commence à perdre patience, il garde toujours son sang-froid, mais je le connais assez pour savoir qu'au fond, il est en train d'enrager. Je pose la main sur son épaule, il ne la dégage pas, c'est bon signe. En le touchant, je peux lui parler par la pensée, et cela me demande peu de magie. Je n'ai pas envie que les enfants nous entendent. Mathieu me regarde dans les yeux, et même si nous allons avoir une conversation mentale, c'est tout de même plus simple en nous regardant.

 

- Faisons avec, nous n'avons pas le choix et les punirons quand on sera rentré.

- Lucia, ce sont des gosses, c'est dangereux.

- Je sais, mais on n'a pas le choix, puis je ne sais pas pour Miah, mais Théo voulait aller sur le terrain, faisons leurs passer un test.

- Ok, mais je n'aime vraiment pas ça, puis la couverture va être plus difficile.

- Dis plutôt que tu avais hâte de me soulever à l'hôtel.

Il se met à rire, et je l'accompagne. Il me regarde avec cette étincelle d'amour, mais c'est pensé deviennent confuses et je retire ma main. Je sais que cela ne peut être dû qu'à une chose, il me cache quelque chose. Nous avons toujours convenu que nous voulions garder nos jardins secrets. Je respecte ça, car Mat en a toujours fait de même.

 

- Bon, les enfants, nous allons vous garder, mais il y a des conditions. Premièrement, pas de caprices, si Lucia et moi disons quelque chose, vous obéissez, sans discuter. Vous n'avez ni l'âge, ni les connaissances pour être ici, mais on doit faire avec vous. Ce n'est pas des vacances, mais une mission, et en même temps vous devez jouer le jeu, feindre un voyage avec vos… On est quoi d'ailleurs pour eux ?

- Tu es le frère de Miah et moi la sœur de Théo.

- Vous devez feindre que nous sommes vos frères et sœurs.

- J'ai une question ?

- Oui Théo ?

- Vous allez nous punir ?

- Bien évidemment, dès qu'on sera de retour. Vous pensez vraiment que Lucia et moi sommes là pour nous amuser ? Bien au contraire. Vous voulez tous les 2 rejoindre l'organisation ?

- Oui !

 

Ils avaient répondu à l'unisson.

 

- C'est un test, si vous réussissez à nous obéir et que vous faite ce que l'on vous dit, j’appuierais vos candidatures. Par contre, à l'inverse si vous faites de la merde, je ferais tout pour que vous ne puissiez jamais nous rejoindre. C'est clair ?

- Oui.

 

Ils avaient de nouveau répondu à l'unisson, mais avec de petites voix cette fois-ci.

 

Mathieu me regarde et met le moteur, je retire ma magie, et immédiatement, je ressens de la fatigue.

 

- Allons à un hôtel, au moins pour y déposer nos affaires.

- Il va falloir aussi retourner dans un magasin pour acheter à manger pour eux.

- Exceptionnellement, allons au restaurant tous les 4.

- Avec joie. Un petit répit avant de commencer la mission.

- Exactement. Tu peux appeler l'orga pour qu'ils ne s'inquiètent pas.

- Oui, tu as raison.

 

Je sors mon téléphone et appel Laura, pour lui expliquer la situation, puis Diane.

 

Cette mission va être difficile, mais qui n'aime pas les challenges dans notre équipe. Je me retourne pour regarder les enfants. Théo me sourit et je sais que pour le moment ça va aller, mais Miah en me voyant croise les bras et tourne la tête. Je ne m'y attends pas, et encore moins la réaction de Mat.

 

- Miah, il faut que tu mettes du tien, joue le jeu, même si ça te déplaît. Il faut que nous soyons en permanence sur le qui-vive, on ne sait jamais, on pourrait nous surveiller à n'importe quel moment.

- D'accord Mat.

Elle décroise ses bras et me regarde, mais n'arrive pas à sourire.

- Oui Lucia.

- Les gens pourront se montrer violents, si on se rapproche du but et qu'il s'en rende compte. Je veux que vous veilliez l'un sur l'autre, en cas de danger, vous devez vous enfouir. Nous avons qu'un seul cristaux de portail, nous allons vous le laisser, car vous êtes plus fragile que nous.

- Comment on s'en sert ?

- Vous devez vous concentrer sur là où vous voulez aller, en l’occurrence à l'organisation. D'ailleurs si vous pensez à un endroit où il y a pas d'ancrage, vous n'irez nul part. Évitez d'ouvrir un portail devant tout le monde, soyez le plus discret possible.

- Bien Lucia.

Je le vois donner un petit coup à Miah.

- Écoute Miah, je sais que tu ne m'apprécies pas et je le comprends parfaitement, mais il faut qu'on fasse tous des efforts, si on veut que tout se passe bien.

- Oui désolé, tu as raison.

- Je vous donne le cristal, mais pas n'importe quoi, n'ouvrez pas un portail pour rien, ça pompe de l'énergie et ça ne se recharge pas comme ça.

- Promis.

Théo garde le cristal, et Miah me regarde avant de me dire.

- Je ne t'aime pas, mais pour le bien de la mission, je vais faire des efforts.

 

Dit elle avant de regarder en direction de Mathieu. Je sais qu'elle veut paraître la meilleure à ses yeux, et je n'ai pas besoin d'utiliser mes capacités, pour voir l'affection qu'elle a pour mon partenaire. Je ne ressens aucune jalousie, même si je trouve cela malsain. Non pas de la part de Mat, mais bien de Miah, mais ça reste une enfant, ça lui passera.

 

- Merci Miah, moi aussi, je ferais des efforts.

 

Je ne veux pas envenimer la situation, puis je comprends vraiment ses raisons de me détester. Je finis par me retourner le temps de la fin du trajet.

Chapitre 9

Nous arrivons à l'hôtel, heureusement pour nous, nous n'avions pas réservé à l'avance, voulant jouer le couple qui s'arrête là par hasard. Là où j'étais contente, c'était qu'on n'avait pas à repasser devant l'accueil pour ramener les affaires dans la chambre, mais aussi que l'hôtel à une chambre pour 4.

En arrivant, je prends tout de suite d'assaut le lit. Les enfants se chamaillent pour savoir qui va dormir en haut.

 

- Tu as utilisé trop d'énergie Lucia.

- Je sais, mais ça va le faire.

 

Il entre et ferme la porte, pour que nous ayons un peu plus d'intimité. S'il parle d'énergie, c'est parce que je sais qu'il veut évoquer la magie, mais nous ne savons pas si nous sommes sur écoute, donc la sécurité avant tout.

 

- Je n'aime vraiment pas l'idée qu'ils restent. Toi et moi, avons parfaitement conscience que Miah ne t'apprécie pas, et Théo ne m'apprécie pas.

- Mais maintenant qu'on a dit qu'on les gardait, on ne peut pas les renvoyer comme ça.

- En espérant qu'ils sachent se tenir.

- Fait leur confiance, je pense qu'ils peuvent y arriver, tous les deux.

 

Il ne rajoute rien, mais s'avance vers moi, jusqu'à me rejoindre sur le lit. Son regard, son sourire, je le connais assez pour savoir que si nous avions été seuls en cet instant, il m'aurait fait l'amour.

 

- Par contre ça ... De ne pas pouvoir faire quoi que ce soit.

- Ça n'aurait pas été professionnel, voyons.

- Oh Lucia, ma chère Lucia, je vous connais depuis bien trop longtemps, pour croire que vous n'auriez pas profité de mes talents durant la mission, pour assouvir vos basses envies.

- Oh ferme là !

 

Il m'embrasse, avant de m'allonger sur le lit pour me surplomber.

 

- On aura peut-être une occasion.

- Avec ces deux-là, je n'y compte pas trop, mais on se rattrapera à la maison.

- Tu sais comment me parler, boss.

- Luce ...

- Quoi ? Tu n'aimes pas que je t'appelle boss ?

- Non, juste que je t'aime.

- Je t'aime moi aussi.

 

Il m'embrasse de nouveau, avant qu'on entende quelqu'un frapper sur le mur, car les enfants avaient des lits un peu en retrait par rapport à nous, mais ils pouvaient largement nous entendre et nous voir, surtout s'ils déplacent leurs têtes. Bien sûr, nous n'avions pas parlé fort, pour pas qu'ils nous entendent. Mat me regarde tandis qu'il répond.

 

- On arrive.

 

Nous nous relevons, et allons les rejoindre.

 

- Qu'est-ce qu'on doit faire.

- Pour le moment, on va déjà vous expliquer.

 

Pourtant, en premier lieu, nous faisons le tour de la chambre, pour voir si on nous espionne et une fois la fouille terminée, nous faisons une rapide exposition, de ce qu'on nous avons déjà et les mets engarde.

 

- Les gens peuvent être dangereux, mais si vous êtes en face d'un individu contrôlé par la magie d'un grand ancien, vous devez fuir, peu importe ce qui se passe. Théo, tu en as déjà eu un aperçu.

- C'est clair, je n'ai pas vraiment envie d'y retourner.

- Toi aussi Miah, ça n'en vaut pas la peine.

 

J'avais anticipé, car la petite, avait l'air de penser, que c'était une porte d'entrée au service, en partie oui, mais pas que. Heureusement pour moi, Mat explique mieux les choses.

 

- Il faut comprendre, qu'être exposé à ça, ne garantit en rien l'admission au service. D'ailleurs, pour nous rejoindre, il faut énormément de temps, croyez moi que Lucia et moi, nous n'avons pas rejoint dès que nous sommes arrivés dans l'organisation. Bien au contraire.

- C'est si long que ça ?

- Si tu savais Théo, il faut être calé dans plusieurs domaines, une spécialisation est mieux. Il faut aussi que tu aies été dans plusieurs services. Tu as un examen qui est plutôt dur. La plupart des gens ne cherchent même pas à venir dans notre équipe, et l'autre moitié abandonne dès la 1re année. De temps en temps y a un élu, qui arrive à atteindre notre service, mais la dernière personne, c'est Diane, et c'était déjà y a 4 ans.

- Mais ça ne serait pas plus simple de rendre les choses plus faciles ?

- D'une certaine manière oui Miah, mais une fois en mission, la personne doit être capable de gérer, peu importe ce qui se passe. Donc si c'est plus simple pour rentrer, les personnes ne seront sûrement pas capables de gérer dans une vraie situation.

 

Les deux restent silencieux.

 

- Demain, je propose, que nous allons nous promener comme des gens normaux, et pique-nique le soir, à l'endroit prévu.

- Cela me paraît bien.

- On prévoit des choses à acheter demain ?

- Hormis, de quoi manger, il est possible de faire quelques achats, histoire de passer vraiment pour des gens venus faire du tourisme. Mais on dépense pas non plus le budget du service.

- Donc demain, et même ce soir, à l'extérieur, on se comporte comme si c'étaient de bonnes vacances. On joue le jeu, et même si un moment vous vous sentez pas bien et que vous voulez vous éloigner, c'est hors de question. Vous venez nous voir, vous nous dites simplement que vous êtes fatigué, et on se mettra dans un endroit safe, mais vous devez jamais vous séparer de nous, c'est la base.

 

Je le regarde sûrement avec un air triste, mais je sais pourquoi il dit ça, ce ne sont que des enfants. Si nous avions été que tous les deux, nous aurions pu nous séparer, tout simplement, car on connaît les risques. Après, depuis la morte de Sarah, je n'ai pas envie de laisser quelqu'un seul, surtout sur le terrain.

Matt propose aux enfants d'aller à la douche et les deux semblent heureux d'y aller. Quand ils eurent fini, mon ventre gargouille aussi.

 

- Bon allons manger, j'ai la dalle.

 

Les gosses sautent de joie, et Mat en profite pour me prendre la main, plongeant son regard dans le mien, il me murmure.

 

- Tu dois arrêter de t'en vouloir pour Sarah.

- Mat.

- Je finis mon amour. Ce qui est arrivé et tragique, mais ce sont aussi les risques du métier. Bien entendu, ce sont des enfants donc on ne les laisse pas seuls, mais toutes les deux, vous saviez ce que vous faisiez. Elle n'est plus là, mais Sarah aussi a accepté de le faire seule, alors arrête de prendre tout le blâme pour toi.

 

Je ne sais pas quoi répondre, je finis juste par enlever ma main, avant de dire.

 

- Tu as raison, mais ça n'empêche que ça fait toujours mal.

- Oui désolé.

 

Les enfants reviennent en étant prêts.

 

- Bon, vous venez ?!

- Oui une seconde, rah les enfants toujours impatients.

 

Je vois dans le regard de mon compagnon qu'il n'est pas dupe, mais qu'il a compris qu'il ne pourrait pas en dire plus, sans que je m'écroule dans ses bras et là, ce n'était pas une bonne chose pour la mission.

La soirée se passe de façon correcte, nous jouons le jeu, et ça jusqu'à retourner à l'hôtel. Les enfants sont fatigués et s'endorment rapidement. Mat et moi, nous mettons également dans le lit, après notre douche et je sens son corps se coller au mien.

 

- Lucia, tu as le droit de pleurer si tu en ressens le besoin.

- Non, en mission, je n'ai pas envie de me laisser aller aux émotions.

 

Cette nuit-là, j'ai extrêmement bien dormi dans ses bras.

Chapitre 10

Je n'aime pas comment les événements se déroulent, la mission est importante, mais j'avais vraiment envie de voir si entre Lucia et moi, c'était du solide ou pas. Enfin, je me pose tellement de questions, sur notre avenir. Qu'est-ce que je veux pour nous ?Un avenir, avec mariage, maison et enfants ? La connaissant, elle ne m'aurait dit aucun des trois, que nos vies sont bien trop compliquée pour en rajouter.

Puis d'avoir Miah et Théo sur les bras, ça n'aide en rien notre relation, ni même la mission. Puis, à voir comment Théo me regarde, je pense qu'il voudrait que je n'existe pas, mais je peux en dire autant de Miah, vis à vis de Lucia. Vraiment, des merdeux, c'est deux là. Attention, je les adore, mais dans ce cas précis, ce sont des épines dans mon pied.

Ainsi, j'avais changé de chambre, pour que nous ayons quelque chose de familiale, me faisant passé pour un connard qui ne prévoit pas auprès de l'accueil. Par chance, ils leur restent une chambre avec un grand lit et deux lits simples. Nous allons dormir dans la même chambre, mais bon, je peux bien me passer de moment tendre, durant la période, en temps normal, j'y arrive très bien. Oui, mais normalement, je ne dors pas avec ma meilleure amie/la femme que j'aime. Après, c'était sans compter sur elle, qui était déterminée à me faire céder.

Quand je reviens vers notre « petite famille », je joue le jeu, et je constate que Lucia préfère en rire, même si, elle essaie de le cacher.

 

- Allons poser nos affaires.

 

Bizarrement, les deux enfants sont sages, je pense que les menaces ont bien fonctionné.

La chambre est plutôt modeste, mais ça fera l'affaire, je laisse les deux faire comme ils veulent pour s'installer, et de notre côté, Lucia et moi installons surtout notre matériel, pour les imprévus. Elle donne aux enfants, le portail, et leur explique, pendant que je finis les préparatifs. La première chose que nous avons vérifiée et bien sûr, s'il y a des micros ou caméras, nous ne sommes jamais trop prudents. D'ailleurs, tout ce qui est en lien avec l'affaire, nous le cachons le plus rapidement possible, il ne faut pas que quelqu'un tombe dessus durant notre absence.

 

- Nous avons un peu de temps, avant d'aller manger. Qui veut prendre une douche ?

 

Les deux imprévus, nous regardent, presque heureux que je pose la question. Et chacun leurs tours, ils y vont. Lucia et moi, attendons qu'ils aient fini, avant d'aller dans un restaurant, même si on reste dans un truc plus routier, qu'un réel restaurant.

Dernière soirée tranquille, avant de commencer à travailler. Nous prenons du bon temps, discutons, rigolons. En cet instant, je réalise que je veux vraiment fonder une famille avec elle. Je veux que ces moments soient un futur possible.

De retour dans la chambre, nouvelle inspection, mais rien d'anormal. Très vite, nous nous couchons, et d'ailleurs les deux s'endorment rapidement, il faut dire que la demi-nuit qu'ils ont eu doit aider. Je fais signe à Lucia de me suivre dans la salle de bain, avant de fermer la porte.

 

- Quoi, tu veux le faire ici ?

- Arrête, je peux me retenir.

 

Elle rigole, mais se retient de faire du bruit.

 

- Quoi Mat ?

- Tu es magnifique.

- C'est quoi cette déclaration ?

- Tu as mangé ton romantisme au resto ?

- Alors non, mais je te rappelle qu'il y a deux enfants dans la pièce d'à côté, et que j'ai vraiment envie de toi, alors je préfère ne pas mettre du feu sur la braise.

 

À mon tour de pouffer.

 

- Tu aimerais qu'on ait une vie de famille ?

 

En disant ça, j'avais pris sa main, avant de plonger mon regard dans le sien.

 

- Mat, tu connais nos vies.

- Oui, mais je ne te demande pas d'avoir un enfant dans 9 mois, mais est-ce qu'on pourrait l'envisager ?

- On vient à peine de se remettre ensemble.

- Justement, on se connaît depuis l'adolescence, et là, on a plus de trente ans, je ne veux pas arriver à cinquante ans et regretter de ne pas avoir eu un semblant de vie normale à tes côtés.

 

Elle baisse les yeux, je sais qu'elle songe à mes paroles.

 

- Finissons cette mission et j'y réfléchissais sérieusement, promis.

- Je t'aime.

- Moi aussi, je t'aime, stupide chef.

 

Nous rigolons tous les deux, avant de l'enlacer, nos embrassant, comme deux ados qui se cachent. Et voilà, comment on met du feu sur les braises. Elle me regarde avec intensité.

 

- On a besoin d'une douche toi et moi.

- Tu es sûr ?

- Pas toi ?

 

Dit-elle en collant son bassin à moi.

 

- On met une bulle ?

- T'es fou ? Si quelqu'un peut sentir ma magie, ça sera comme mettre un point rouge sur notre chambre.

- Tu es sûr de réussir à ne pas crier ?

- Non, mais j'aime les challenges.

 

Je l'embrasse, avant de commencer à la déshabiller, alors qu'elle en fait de même avec moi. 

istockphoto-1312667763-612x612.jpg

Liste de lecture

911 part 2 (playlist Youtube)

Chapitre 1 : Tyler Hadley (Playlist Youtube)

Chapitre 2 : Control (Playlist Youtube)

Chapitre 3 : Heart heart head (Playlist Youtube)

Chapitre 4 : Comptine d'un autre été, l'après-midi (Playlist Youtube)

Chapitre 5 : L'étoile noire (Playlist site)

Chapitre 6 : Savage (Playlist Youtube)

Chapitre 7 : Blink gone (Playlist Youtube)

Chapitre 8 : Change the order (Playlist Youtube)

Chapitre 9 : Je te rends ton amour (Playlist Youtube) 

Chapitre 10 : Feet dont fail now (Playlist site)

A l'organisation playlist

A l'organisation playlist

bottom of page